Dupilumab : après l'asthme, la dermatite atopique
Après avoir fait ses preuves dans l'asthme éosinophilique (S Wenzel et al. N Engl J Med 2013; 368: 2455-66), le dupilumab s'attaque avec succès à la dermatite atopique.
Les traitements actuellement disponibles de la dermatite atopique ne calment en général que de manière fort imparfaite les manifestations liées à l'eczéma, en particulier le prurit qui s'avère souvent féroce, perturbe le sommeil et altère très significativement la qualité de vie des malades.
Le dupilumab est un anticorps monoclonal qui se fixe sur la sous-unité alpha du récepteur de l'interleukine-4 et bloque ainsi les voies de signalisation des IL 4 et 13. Ce composé a été utilisé en monothérapie chez 109 adultes européens ayant une dermatite atopique chronique modérée à sévère (tableau) dans le cadre d'une étude de phase 2a randomisée, contrôlée, menée en double aveugle d'une durée de 12 semaines. Tous les patients inclus avaient des antécédents de réponse inadéquate à un traitement d'au moins un mois par corticoïdes topiques ou par inhibiteurs de la calcineurine endéans les trois mois de leur enrôlement dans l'étude.
Caractéristiques initiales des malades et de l'affection
Caractéristiques
Placebo n = 54
Dupilumab n = 55
Patients
Age
Hommes
39 ± 12 ans
50%
34 ± 10 ans
56%
Lésions cutanées
Score EASI (0-72)
Score IGA (0-5)
SCORAD (0-103)
% BSA
31 ± 14
4,0 ± 0,7
69 ± 13
51 ± 13
28 ± 14
3,9 ± 0,7
67 ± 14
47 ± 25
Prurit
Echelle numérique (0-10)
Echelle 5D (5-25)
5,0 ± 1,4
19 ± 4
6,4 ± 2,0
18 ± 3
QEASI : Index de sévérité de la zone avec eczéma ; IGA : Evaluation globale de l'investigateur ; SCORAD : notation de la dermatite atopique ; %BSA : % de surface corporelle atteinte
Le critère principal d'évaluation était le pourcentage de modification de l'EASI entre le début de l'étude et la semaine 12.
Chez les patients du bras placebo la diminution du score EASI à la semaine 12 était de 23,3% alors qu'elle était de 74,0% (p < 0,0001) chez les patients du bras dupilumab. La diminution se fait de façon progressive, atteint son maximum vers la fin de la 6&è;me semaine puis se maintient jusqu'à la semaine 12. Il n'a pas été observé de phénomène de rebond lors de l'arrêt du traitement.
Il a également été documenté une supériorité significative du dupilumab sur tous les critères secondaires évalués (SCORAD, diminution de la surface corporelle atteinte, pourcentages de patients avec une réduction de 50 et 75% de l'EASI ou avec disparition ou quasi disparition de l'eczéma d'après l'évaluation globale de l'investigateur).
Mention spéciale pour le prurit dont l'intensité diminue de 56% sur l'échelle numérique et de 40% sur l'échelle 5D (respectivement 15% et 10% avec le placebo). D'après le profil des courbes, l'effet maximum semble atteint vers la 8&è;me semaine puis se maintient jusqu'à la semaine 12.
La sécurité d'emploi a été appréciée sur une période totale de 28 semaines, soit 12 sous traitement et 16 après arrêt du traitement. Le dupilumab s'avère bien toléré, il y a eu en fait plus d'effets secondaires sévères ou ayant entraîné l'arrêt du traitement avec le placebo. Il y a eu plus de patients présentant des infections cutanées dans le bras placebo que dans le bras dupilumab, respectivement 13 (24,1%) et 3 (5,5%) Les deux effets secondaires les plus fréquents sous dupilumab sont les nasopharyngites et les conjonctivites.