Créatinine sérique et risque cardiovasculaire (SFD 2014)
Les variations temporelles de la créatinine sérique sont certes un moyen d'apprécier la progression de dégradation de la fonction rénale, mais cela peut également constituer un moyen de prédire la survenue d'événements cardiovasculaires chez les diabétiques de type 2.
Une équipe de Poitiers a présenté lors de la réunion annuelle de la SFD des données concernant l'association entre la trajectoire de la créatinine sérique et la survenue d'événements cardiovasculaires au sein de la cohorte prospective SURDIAGENE (SUivi Rénal, DIAbète de type 2 et GENEtique).
Les 1.070 sujets utilisés dans le travail (58% d'hommes, âge moyen 65 ans, durée connue du diabète 14 ans) avaient un débit de filtration glomérulaire estimé ? 30 ml/min/1,73 m2 et avaient au moins trois dosages de créatinine disponibles. Le suivi médian était de 5,6 années et l'équipe disposait de près de 20.000 valeurs de créatinine pour établir les trajectoires
Le critère principal d'évaluation composite regroupait les décès cardiovasculaires et les AVC et infarctus non mortels.
Globalement, les 158 sujets avec événements (36 AVC, 48 infarctus et 74 décès cardiovasculaires) présentaient initialement des différences significatives par rapport aux 912 sujets sans événement sur plusieurs plans, ils étaient plus âgés, présentaient plus souvent des antécédents cardiovasculaires, leur diabète était plus ancien, leur fonction rénale était plus altérée et leur pression artérielle systolique plus élevée. Il n'y avait en revanche pas de différence significative en termes de contrôle glycémique.
Les résultats indiquent que l'augmentation annuelle de la créatinine est supérieure chez les sujets avec événements. A partir des valeurs de pentes de l'augmentation de la créatinine il a été possible de déterminer un seuil de 4,4 µmol/l/an d'augmentation permettant de discriminer les sujets avec et sans événements cardiovasculaires. Chez les sujets dont l'augmentation annuelle de la créatinine sérique atteint ou dépasse ce seuil le risque d'événements considérés est en moyenne deux fois plus élevé après ajustement sur l'âge, les antécédents cardiovasculaires et l'albuminurie à l'inclusion.
Une analyse complémentaire portant sur 653 patients (90 événements), utilisant ce même seuil, mais ne prenant en compte que les variations de la créatinine sur les deux premières années de suivi donne des résultats similaires.
Les variations de la créatinine sur deux ans sont donc un facteur pronostique de la survenue d'événements cardiovasculaires chez les diabétiques de type 2.