ACCORD, des risques différents selon l'âge
L'étude ACCORD a documenté un surcroît de mortalité et une absence d'effet significatif sur les événements et la mortalité cardiovasculaires chez les sujets randomisés vers le bras contrôle glycémique strict, résultat qui a très largement contribué à la remise en question de cette approche. Ces résultats sont-ils les mêmes à tout âge ?
Les 10.251 diabétiques de type 2 de l'étude ACCORD (âge moyen 62 ans) étaient tous à haut risque cardiovasculaire, leur diabète était connu depuis 10 ans en moyenne et la médiane de l'hémoglobine glyquée de départ était de 8,1 %. La randomisation a alloué ces sujets à un bras stratégie thérapeutique intensive (objectif HbA1c < 6%) ou à un bras stratégie thérapeutique standard (objectif HbA1c entre 7 et 7,9%). Le suivi moyen a été de 3,7 ans.
Une nouvelle analyse de cette étude majeure a été faite en fonction de l'âge des participants (moins de 65 ans versus 65 ans et plus lors de l'inclusion).
Globalement, les taux d'hémoglobine glyquée documentés dans les deux bras étaient similaires pour les deux sous-groupes d'âge considérés.
Pour les sujets de plus de 65 ans, le risque d'événement cardiovasculaire et de décès toutes causes confondues s'avère similaire avec les deux stratégies thérapeutiques (hazard ratio 0,97). Il existe en revanche un surcroit manifeste de ce même risque avec la stratégie thérapeutique intensive dans le sous-groupe des sujets les plus jeunes (hazard ratio 1,71, p = 0,03 par rapport au sous-groupe des sujets plus âgés).
Versant effets secondaires, indépendamment de l'âge, le risque relatif d'hypoglycémies sévères est toujours plus élevé en cas de stratégie thérapeutique intensive. Mais c'est dans le sous-groupe des sujets ? 65 ans que sont documentés les taux absolus les plus élevés d'hypoglycémies sévères (4,45% avec la stratégie intensive et 1,36% avec la stratégie standard). Les taux correspondants dans le sous-groupe des sujets < 65 ans sont respectivement de 2,45 % et 0,8%).
Au total, la stratégie thérapeutique intensive majore le risque d'événements cardiovasculaires et de mortalité globale chez les sujets les plus jeunes. Chez les sujets plus âgés, la stratégie intensive n'influence pas le risque considéré (ni effet bénéfique, ni effet délétère), mais s'accompagne d'un risque absolu d'hypoglycémie sévère plus élevé que chez les sujets plus jeunes.