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Lorsque les deux maladies se rejoignent

L'étude menée par des Danois est originale puisque son objectif était de déterminer s'il existe une relation entre les patients sévèrement malades et la présence d'une pathologie psychiatrique. Cela peut être important lors de la prise en charge aux soins intensifs, mais aussi à la sortie de ceux-ci...

Pierre Dewaele - 27 mars 2014

C'est donc bien pour répondre à un vide réel que les chercheurs danois ont analysé une cohorte constituée de patients gravement malades entre 2006 et 2008 et suivis jusqu'en 2009. Ces patients ont été comparés à deux cohortes de personnes l'une constituée de patients hospitalisés au cours de la même période et l'autre reprise de la population générale. Les chercheurs ont donc dressé une liste des maladies mentales et des prescriptions de traitements psychoactifs dans les 5 ans précédant l'admission aux soins intensifs. En tout, 24.179 patients ont été inclus dans l'étude. Dans 6,2% des cas, ceux-ci présentaient au moins une pathologie psychiatrique contre 5,4% pour les patients hospitalisés en unités de soins, soit une augmentation de 31% ; et contre 2,4% par rapport à la population générale.

Dans ce dernier cas, il y a donc une multiplication par plus de deux fois et demi la présence d'une maladie avant l'admission. Si l'on considère la prescription de médicaments psychoactifs, celle-ci est identique dans les deux populations hospitalisées (48,7% et 48,8%), mais est beaucoup moins élevée dans la population générale (33,2%).

Plus intéressant encore, les chercheurs se sont penchés sur le cas des 9912 patients des soins intensifs sans passé psychiatrique. Globalement, le risque absolu de développer une maladie mentale reste très bas, soit 0,5% ; cependant, c'est plus élevé que pour les patients hospitalisés en unité normale (0,2%) dans les 3 premiers mois et surtout que dans la population générale (0,02%). Ceci s'accompagne aussi d'une augmentation des prescriptions de médicaments psychoactifs dans les 3 premiers mois : 12,5% vs 5,0% pour les patients hospitalisés normalement et 0,7% pour la population générale. Toutefois, les auteurs notent que ces différences s'estompent dans les 9 à 12 mois qui suivent l'hospitalisation.

Ils concluent que les maladies psychiatriques sont d'emblée plus présentes chez les patients mis au respirateur. Cela doit donc être pris en compte. Par ailleurs, le nombre d'apparition de nouvelles pathologies s'il n'est pas aussi important qu'on pouvait le craindre n'est pas non plus à négliger...

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