Mort prématurée : hypnotiques et anxiolytiques dans le champ de mire ?
L'usage des anxiolytiques et des hypnotiques est largement répandu dans nos populations, probablement trop, selon beaucoup. Des chercheurs anglais ont voulu savoir s'il existe un rapport entre cette consommation et la survenue de décès prématurés.
Si chacun reconnait leur efficacité, les effets secondaires des hypnotiques et des anxiolytiques ne sont plus à démontrer. Des études récentes tendent à montrer que même à faibles doses, ces substances sont à même d'augmenter la mortalité alors qu'à hautes doses, elles seraient responsables d'une augmentation du risque de cancer. L'étude du BMJ qui vient de paraitre émet l'hypothèse que ces traitements augmentent le risque de décès par rapport aux non-utilisateurs. Ils ont analysé des données rétrospectives provenant de 273 médecins généralistes. Le suivi moyen des 34.727 patients inclus initialement a duré 7,6 ans. Les chercheurs ont comparé les données à celles de 69.418 personnes contrôles sans traitement anxiolytique/hypnotique. Les caractéristiques sociodémographiques des contrôles, de consommation d'alcool ou de tabac, etc. étaient semblables à celles des patients traités. Environ 64% des patients recevaient une benzodiazépine, 23% un hypnotique Z et 13,4% un autre médicament hypnotique ou anxiolytique, essentiellement du diazépam. La prescription d'au moins deux substances est habituelle. Ainsi, au total, 76,3% recevaient un anxiolytique ou un hypnotique en plus d'une benzodiazépine, 38,8% un hypnotique Z et 33,5% un autre médicament.
Les chercheurs ont trouvé une association statistiquement significative entre la mortalité et l'usage d'un des médicaments cités plus haut quelle que soit la dose. Le risque de décès ajusté à l'âge est multiplié par 3,46 et baisse légèrement à 3,32 après l'avoir ajusté aux autres facteurs confondants. Par ailleurs, un effet dose-réponse a clairement été noté. Ainsi, la mortalité est multipliée par 4,51 chez ceux qui reçoivent plus de 90 doses journalières au cours de la première année de traitement. Cette association a été observée pour les trois " classes " de traitement. Enfin, même après des années, il semble que le risque reste majoré.