Diabète, apnées du sommeil, neuropathie, hypoglycémie
C'est ce que suggère très élégamment une communication orale de la dernière matinée de la réunion annuelle de la S FD qui explorait les interrelations entre syndrome d'apnées du sommeil (SAS) et neuropathie chez des diabétiques de type 1.
Le travail a concerné 125 diabétiques de type 1 adultes des deux sexes, âge moyen 51 ans, IMC 25,3 kg/m2, HbA1c 8,2% et présentant des atteintes micro et macro-angiopathiques dans respectivement 89 et 41% des cas.
Sur base d'anomalies oxymétriques ou cliniques, un syndrome d'apnées du sommeil (SAS) a été confirmé par polysomnographie chez 33 sujets (26,4%), il était sévère (index Apnée Hypopnée ? 30/h) chez 18 sujets et modéré chez 15 (IAH compris entre 15 et 29/h).
Par rapport aux sujets sans SAOS, les sujets atteints ne présentent pas de différence significative en termes d'IMC, de niveau de contrôle glycémique et de pression artérielle systolique. En revanche, il sont significativement plus âgés (? + 12 ans), leur diabète est plus ancien (? + 5 ans), il s'agit plus souvent d'hommes (70 vs 47 %) et ils ont plus souvent une atteinte macrovasculaire (artérite des membres inférieurs essentiellement) et microvasculaire (rétinopathie, néphropathie et neuropathie).
L'implication de l'atteinte neuropathique dans le SAS est suggérée d'une part par une prévalence plus élevée de SAS en cas de neuropathie 44% versus 12,5% en l'absence de neuropathie (p < 0,0001) et par la prévalence plus élevée de neuropathie avec SAOS 71% versus 30% chez les sujets sans SAS (p < 0,001).
Un des grands mérites de ce travail est d'attirer l'attention sur les relations entre SAS et hypoglycémies non ressenties. En effet, au sein de la population de diabétiques de type 1 avec hypoglycémies non ressenties, 60% ont un SAOS et au sein de la population de diabétiques de type 1 avec SAS 50% ne ressentent pas ou ressentent mal les hypoglycémies.
Face à ces résultats, il est bien sûr tentant de fermer le cercle en avançant que la non perception des hypo pourrait être liée à l'atteinte neuropathique autonome. Par ailleurs, les intrications entre SAS et diabète de type 1 avec neuropathie suggèrent au moins chez certains patients une étiologie neuropathique au SAS, une hypothèse renforcée par la notion d'amélioration du SAS par stimulation du grand hypoglosse.
A suivre