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Alcoolisme : quel rôle pour la famille ?

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Aujourd'hui, les problèmes d'alcool sont encore bien souvent traités en " colloque singulier ". Or l'alcoolisme implique de nombreuses répercussions sur la dynamique familiale. Comment l'entourage peut-il être intégré à la prise en charge ? Comment aider enfants et conjoints à se reconstruire ? Quel est le rôle des MG? Le congrès annuel des Alanon/Alateen (organisé ce samedi au Collège St-Jean de Wavre) se penchera sur ces problématiques.

28 mars 2014

En Belgique, un million de personnes ont une consommation problématique d'alcool. La moitié d'entre elles sont physiquement dépendantes. L'entourage est bien souvent le premier à tenter de canaliser ce comportement, généralement lorsqu'il est déjà trop tard. Mais cette attitude se révèle non seulement inefficace mais va aussi contribuer à installer une dynamique familiale destructrice.

Au fil du temps, la famille va donc développer un sentiment d'échec puisqu'elle réalise qu'elle ne peut pas " contrôler " la consommation d'alcool de son proche. Manipulation, violence et culpabilité peuvent alors se faire jour. Souvent, le proche finit par se percevoir lui-même comme la cause de l'alcoolisme, une idée que lui assène souvent la personne dépendante. " Un père peut faire comprendre à son enfant qu'il boit parce qu'il ne travaille pas bien à l'école, qu'il n'a pas le fils qu'il avait espéré. Et peu à peu, l'enfant va se laisser convaincre qu'il est la cause de l'alcoolisme ", explique le Dr Gueibe. " Un jour, une femme m'a dit que c'était sans doute à cause d'elle que son mari buvait parce qu'elle avait beaucoup grossi au fil des années et qu'elle était peut-être moins désirable ", poursuit-il. " J'ai regardé le mari, qui lui avait mis cette idée en tête, et je lui ai demandé, avec humour, s'il s'était regardé ! Il a reconnu devant moi que cela n'avait effectivement aucun rapport... "

Pour aborder ce problème, le MG est évidemment le mieux placé. " Pour moi, il n'y a pas de raison que les alcoologues soient des psychiatres. Ce sont les médecins généralistes qui devraient être alcoologues. La maladie alcoolique n'est pas une maladie mentale. Malheureusement, il y a encore une grande difficulté à parler alcool et consommation d'alcool. Beaucoup de médecins ont encore peur de vexer leurs patients en leur demandant s'ils boivent. Mais on ne trouve pas choquant de demander à quelqu'un s'il fume ! On peut en parler, demander à nos patients quel est leur rapport avec l'alcool. Il faut s'autoriser la liberté d'en parler. "

Ce samedi 29 mars se tiendra le congrès annuel des Alanon/Alateen au Collège St-Jean de Wavre. Le Dr Raymond Gueibe y donnera une conférence sur le thème de l'alcoolisme comme mal familial. Infos sur www.al-anon.be.

Et découvrez le reportage complet dans nos éditions papier du 4 avril.

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