Conseil national de l'Ordre : Dejemeppe succède à Holsters
Ce n'est pas un scoop puisque M. Holsters avait atteint une sorte de limite d'âge et Benoît Dejemeppe était son suppléant : ce dernier succède donc à la présidence du conseil national de l'Ordre des médecins. L'arrêté de nomination figure dans Le Moniteur belge. Maîtrisant le néerlandais juridique, cet acteur malgré lui de l'Affaire Dutroux, devrait s'en sortir avec mention.
Il est de coutume que la présidence du conseil national de l'Ordre des médecins soit confiée à un haut-juriste de la Cour de Cassation tandis que deux médecins assument la vice-présidence, un francophone et un néerlandophone.
Le président juriste de l'Ordre veille à garder l'église juridique au milieu du village médical.
Toutefois, étant à la retraite, le président magistrat de l'Ordre, vu son âge, accentue quelque peu l'aspect " géronte " de la vénérable institution, ce malgré de hautes compétences.
L'arrivée du " jeune " Benoît Dejemeppe (63 ans) contribuera sans doute à rajeunir un peu la vieille dame, diversement appréciée par le corps médical. En revanche, la transparence n'y gagnera pas forcément car le haut-magistrat est un homme d'une discrétion légendaire et tiendra, autant qu'Holsters, à son rôle d'arbitre.
On ne sait pas encore si les demandes de réforme de l'Ordre - que le Conseil national appelle lui-même de ses voeux nous confiait un de ses vice-présidents-, vont trouver en Dejemeppe, un avocat plus diligent que Denis Holsters, aux affaires depuis près de 15 ans.
Outre les attaques qu'il a subies lors de l'affaire Dutroux alors qu'il dirigeait le Parquet de Bruxelles, sa biographie révèle le parcours d'un relatif idéaliste : après ses humanités au collège Saint-Boniface, il songe au journalisme. Il crée d'ailleurs à 20 ans " L'Eveil ", journal estudiantin avec Plantu et Bernard Godi (l'élève Ducobu). Licencié en droit trois ans plus tard, il sera d'abord avocat puis juge d'instruction aux affaires financières et procureur du Roi à Bruxelles en 1989. En 1996, il signe l'appel de Genève (pour davantage de coordination internationale dans la lutte contre la délinquance financière des puissants de ce monde). En 1997, la très partiale commission Dutroux estime " qu'il est incompétent pour diriger son Parquet ". Retour à l'envoyeur qui considère le politique comme responsable de l'appauvrissement des moyens de la Justice ?
Enseignant le néerlandais juridique, Dejemeppe devrait être facilement accepté par le monde médical flamand. En attendant l'hypothétique schisme du conseil national en deux conseils régionaux...