Hypertension: l'effet " blouse blanche " peut conduire à des prescriptions inutiles
L'effet " blouse blanche " désigne la réaction physiologique d'un patient à la présence d'un professionnel de la santé dans une même pièce, surtout lors de la mesure de sa pression artérielle. Bien connu du monde médical, ce phénomène vient d'être quantifié pour la première fois par une étude britannique.
Christopher Clark et ses collègues de la faculté de médecine de l'Université d'Exeter ont passé en revue une quinzaine d'études scientifiques, menées dans différents centres médicaux de dix pays et portant sur plus de 1.019 personnes dont la pression artérielle avait été mesurée lors d'une même visite, à la fois par une infirmière et par un médecin.
Les scientifiques ont observé que les patients dépassent plus facilement le seuil au-delà duquel une personne est considérée comme hypertendue (140/90 mm de mercure) lorsque leur tension est prise par un médecin mais que leur tension redevient normale lorsqu'ils l'évaluent eux-mêmes, à la maison. Autre constat : la tension des patients est significativement plus élevée (de 7/4 mm Hg) lorsqu'elle est mesurée par un médecin que par une infirmière. Autrement dit, les blouses blanches des médecins sont manifestement plus impressionnantes que celles des infirmières.
Problème, ces différences et ces résultats biaisés peuvent amener les médecins à prescrire un traitement inutile contre l'hypertension, qui pourrait s'accompagnera d'effets secondaires indésirables.
Considérant que les résultats de cette étude peuvent être extrapolés à tous les systèmes de santé, le Dr Clark préconise des changements de pratiques. " Les médecins devraient continuer à mesurer la pression artérielle dans l'examen clinique d'un patient malade ou pour un check-up de routine mais pas lorsqu'une décision clinique de traitement de l'hypertension dépend du résultat. Ils devraient alors confier la tâche à une autre personne. "
L'auteur principal de l'étude ne va cependant pas jusqu'à recommander l'auto-mesure qui pourrait, selon lui, aggraver l'anxiété des patients.
(références : British Journal of General Practice, 2014, et communiqué de l'Université d'Exeter, 26 mars 2014)