Avenir des soins de santé : l'enquête citoyenne révèle quelques surprises
Quel regard les Belges portent sur leur système de soins? Une pré-enquête de la VUB auprès de 2.000 sondés a été présentée ce matin. Elle doit nourrir un dialogue sociétal confié à la Fondation Roi Baudouin. On peut d'ores et déjà conclure qu'un " nombre élevé " de citoyens-patients trouveraient normal de moduler la couverture santé au comportement (addictif...) du patient. Une part importante considèrent la fraude sociale à l'incapacité de travail comme non négligeable. La majorité soutient une couverture sociale solidaire importante. La moitié rejette la mise en place de traitement onéreux en phase terminale. Le public soutient l'e-santé massivement.
2.000 citoyens-patients ont été interrogés sur leur vision de l'avenir de leur système de soins. L'enquête a été confiée au Pr Elchardus (VUB). Dans un proche avenir, certains répondants seront "confrontés" à des décideurs et la Fondation Roi Baudouin va poursuivre le dialogue dans une dizaine de villes. 500 répondants devraient y prendre la parole. Via le site Internet de l'Inami, chacun pourra aussi s'exprimer à propos des balises pour l'avenir.
L'intégralité des résultats de l'enquête de la VUB figure sur le site de l'Inami.
Nous nous tiendrons dans le cadre de l'e-Jdm à quelques réponses surprenantes :
1. " un nombre élevé de répondants souhaite que le style de vie soit pris en compte pour les remboursements. 37 % estiment, par exemple, qu'en cas d'accidents liés à la consommation de drogues, une responsabilité personnelle plus importante devrait être prise en compte. "
2. la fraude sociale est un vaste sujet de préoccupation. Ainsi, par exemple, une forte minorité (43 %) n'approuvent pas l'affirmation selon laquelle il y aurait peu d'abus en matière d'incapacité de travail. Une part substantielle des sondés pensent que l'incapacité de travail est parfois la porte ouverte aux abus. A peu près 60% estiment que beaucoup de personnes touchant des indemnités de maladie pourraient en fait encore travailler et 75 % souhaitent que les employeurs et les entreprises consentent plus d'efforts pour remettre les personnes au travail.
3. près de 50 % estiment qu'offrir un traitement onéreux (50.000 euros) à un malade en phase terminale - avec des perspectives de prolongation de vie limitées - est difficile à justifier.
4. Le système entraîne la satisfaction du public en général mais des critiques se sont fait jour : " difficultés de compréhension quant à la facture hospitalière, informations insuffisantes sur le traitement, délais d'attente pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, honoraires des spécialistes, offre et prestations de services dans les maisons de repos. "
5. 20% (et 30% des personnes malades) craignent de tomber dans la pauvreté à cause d'une maladie. Une personne sur cinq postpose des soins.
6. Il n'y a pas de consensus sur la question de la maîtrise des coûts. Les traitements les moins chers sont bienvenus mais " 50 % des personnes interrogées disent être prêtes à payer davantage pour continuer à avoir directement accès au spécialiste ".
7. L'adhésion à l'informatisation des données de santé semble massive : " 99 % sont favorables au fait que leur médecin traitant puisse consulter des informations sur leur état de santé via un réseau. 42 % estiment qu'aucune autorisation spécifique n'est nécessaire contre 57 % qui pensent que si. 85 % des personnes souhaitent pouvoir consulter par voie électronique les données sur le coût. 74 % désirent aussi des informations en ligne sur le rapport qualité/prix des différents hôpitaux.