PMA : le CHR de Namur au top
Le Centre hospitalier régional de Namur (CHRN) enregistre un taux de naissance de 42% par transfert d'embryon (pour les femmes de moins de 36 ans) tandis que la moyenne nationale est de 28,9% et affiche ainsi le meilleur taux de naissance en 2010 et 2011 par rapport à 23 autres centres belges, a révélé mardi le CHRN qui faisait le point sur la procréation médicalement assistée (MA), un service créé il y a seize ans à l'hôpital. Le CHR note la présence importante de Françaises homosexuelles dans sa patientèle.
Les chiffres de 2010-2011 sont les derniers résultats nationaux publiés. Ces bébés, conçus grâce à la PMA du CHRN, sont venus au monde en 2011 et 2012.
Ces bons chiffres s'expliquent notamment par le travail d'une équipe dynamique et pluridisciplinaire qui sait s'adapter aux patients, selon Anne Vansteenbrugge, biologiste responsable du laboratoire. "Chaque étape est optimalisée aussi bien au niveau de l'accueil que du suivi. Nous travaillons dans un environnement extrêmement performant où tout est contrôlé", indique-t-elle. C'est aussi parce que le CHRN est parmi les premiers en Belgique à avoir utilisé la culture prolongée. L'introduction du transfert d'embryon après cinq jours de culture (et non trois comme c'est souvent le cas) permet de sélectionner de manière optimale l'embryon ayant le plus de chance d'initier une grossesse. Le CHRN est aussi le seul centre de type B (qui offre l'intégralité des services PMA et pas seulement les premières étapes) dans la province de Namur.
Pour le docteur Patrick Pauwels, chef du service PMA, ces chiffres sont très encourageants, d'autant plus quand on sait que 15% des couples sont touchés par l'infertilité en Belgique. "Deux tiers des infertilités sont dus à des problèmes de sperme. Ces problèmes sont liés aux conditions actuelles: stress, tabac, alcool, pesticides, etc. Quant aux patientes fumeuses, il leur faudra deux fois plus de cycles en fécondation in vitro (FIV) pour obtenir une grossesse", ajoute-t-il.
Depuis un à deux ans, le service PMA intervient pour les couples homosexuels et les femmes seules pour une insémination par un donneur. "Cela fait partie de l'esprit d'un hôpital public. La progression est très importante. Nous avons aussi beaucoup de demandes de femmes françaises homosexuelles." Parmi les couples homosexuels, 30% des demandes viendraient en effet de femmes françaises puisque la législation n'est pas identique en France.
Parmi les nouveautés présentées par le CHR mardi, on retrouve la création d'une banque d'ovules. Celle-ci est déjà opérationnelle depuis fin 2013 et permet aux femmes de préserver leurs ovules avant un traitement anti-cancéreux. Après leur guérison, ces patientes pourront disposer d'ovules sains et ainsi favoriser les meilleures chances de grossesse. Cela peut aussi permettre aux femmes souhaitant retarder leur grossesse de congeler leurs ovules (avant 38 ans de préférence) et augmenter le taux de grossesse plus tard.
Le CHRN envisage aussi un projet de programme de dons d'ovocytes anonymes pour rencontrer les demandes de certaines patientes dont la qualité des ovules (ou l'absence) ne permet plus d'obtenir une grossesse (en raison d'une ménopause précoce par exemple).