Obésité : une enzyme de la salive est mise en cause
Une équipe internationale a démontré pour la première fois un lien génétique entre la digestion des glucides complexes et l'obésité. Avoir une salive pauvre en amylase, une enzyme qui sert à digérer les sucres lents favoriserait en effet la propension à devenir obèse.
Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé sur différentes cohortes les gènes du tissu adipeux qui ne s'exprimaient pas de la même façon chez les obèses et les personnes de poids normal. Ils ont ainsi mis en évidence une région du chromosome 1 qui contient un gène (AMY1) de l'amylase salivaire dont le nombre de copies varie de 1 à 20.
Les scientifiques ont découvert que les personnes ayant le plus petit nombre de copies d'AMY1, et donc peu d'enzymes amylases dans leur sang, ont un risque d'obésité multiplié par 10. À chaque copie supplémentaire d'AMY1, le risque d'obésité diminue de 20%.
Deux explications sont avancées. La première suggère que la mastication des aliments et leur digestion partielle dans la bouche pourrait avoir un effet hormonal entraînant une satiété moindre en cas de déficience en AMY1. L'autre que la mauvaise digestion des amidons pourrait modifier la flore intestinale et ainsi contribuer indirectement à l'obésité, voire au diabète.
En conclusion, selon les auteurs de l'étude, chacun d'entre nous digère et métabolise un peu les aliments en fonction de ses gènes et des approches plus personnalisées dans le traitement du surpoids seraient donc probablement plus efficaces.
(référence : Nature Genetics, 30 mars 2014, doi:10.1038/ng.2939)