Livre vert: les cinq recommandations de l'Inami
Les tables rondes autour du Livre vert de l'Inami pour encore plus d'accessibilité aux soins ont débouché sur cinq recommendations. Oser une politique inclusive, renforcer les mesures existantes, investir dans la prévention, offrir des soins sur mesure, et améliorer l'information du patient.
1. Oser une politique d'inclusion
L'Inami recommande de standardiser en profondeur les procédures et les règles, de les harmoniser au maximum avec celles de l'assurance soins de santé. Ceci est possible, et devrait permettre de réduire considérablement les charges administratives. Les moyens pourraient être regroupés au sein de l'INAMI, comme c'est déjà partiellement le cas aujourd'hui pour les détenus et les personnes internées. Une affiliation provisoire à une mutualité peut garantir l'accès aux soins de première ligne.
2. Renforcer les mesures qui existent
Des réformes ont déjà été menées pour améliorer l'accessibilité financière aux soins :
- interdiction de facturer des suppléments d'honoraires dans les chambres à 2 lits ou communes
- extention du maximum à facturer (MàF) pour les malades chroniques
- à partir de 2015, les mutualités pourront activement identifier les ménages à faibles revenus et donc faire un grand pas en avant en direction de l'octroi automatique de l'intervention majorée
- à partir de 2015 aussi, le régime du tiers payant sera systématiquement appliqué aux bénéficiaires de l'intervention majorée et aux malades chroniques.
3. Investir dans la prévention
Pour diminuer drastiquement les inégalités en matière de santé, nous recommandons d'investir de manière significative dans la prévention, et en priorité dès la grossesse et la petite enfance, puisque ceci permet de réduire fortement les inégalités en matière de santé.
4. Offrir des soins " sur mesure " à certains groupes
Les schémas traditionnels d'assistance ne sont pas taillés pour les patients exclus, parfois simplement à cause de problèmes trop complexes.
On recommende de poursuivre les efforts réalisés, grâce à une approche " sur mesure. Un travail " sur mesure " est une nécessité pour les groupes exclus ou ayant des problèmes de santé spécifiques, par exemple en raison :
- des risques spécifiques de contracter l'hépatite C, le HIV et le SIDA, la gale,
- de la combinaison de problèmes psychotiques avec l'usage de stupéfiants
- du fait de se retrouver à la rue.
5. Améliorer l'information et compréhension du patient
Il est recommandé de soutenir la health literacy, à savoir la capacité d'une personne à trouver, à comprendre et à utiliser l'information santé de base, les options de traitement qui s'offrent à elle et à prendre des décisions éclairées concernant sa propre santé. Par exemple, l'assurance soins de santé doit prévoir une aide financière pour l'intervention de personnes de confiance telles que des médiateurs interculturels et des experts.
Selon l'Inami, ces cinq recommandations ne coûteront pas forcément plus.