La thyroïdectomie, une intervention sûre chez les enfants ?
La thyroïdectomie n'induit chez les patients adultes qu'une faible morbidité postopératoire. Chez les enfants, ses indications sont beaucoup plus rares et concernent le plus souvent des pathologies malignes. Cette étude réalisée au sein d'un centre de soins tertiaires suisse a cherché à déterminer si l'intervention était aussi sûre chez les plus jeunes que chez leurs ainés.
Les complications les plus sérieuses sont les lésions nerveuses avec paralysie des cordes vocales et l'hypocalcémie. Le principal avantage de la thyroïdectomie totale sur la thyroïdectomie partielle réside dans un risque plus faible de récidive, ce qui limite du même coup la nécessité de réinterventions susceptibles de provoquer des complications.
Généralement pour une pathologie bénigne
Entre 2002 et 2012, 36 patients de moins de 18 ans ont subi une opération de la thyroïde, réalisée par une équipe chirurgicale expérimentée composée d'un pédiatre et d'un endocrinologue. L'âge médian des participants était de 13 ans (2-17 ans), et la majorité étaient de sexe féminin (83%). L'intervention était justifiée par une pathologie thyroïdienne bénigne (goitre uni ou multinodulaire, maladie de Graves) dans trois quarts des cas et par une tumeur maligne ou une anomalie génétique prédisposant le patient à une évolution maligne dans le dernier quart. Au moment de l'intervention, la majorité des patients (86%) présentaient des taux d'hormones thyroïdiennes normaux.
Peu de complications
67% des patients ont subi une thyroïdectomie totale. La durée médiane de l'intervention était de 153 minutes (90-310 minutes), celle de l'hospitalisation s'élevant à 5 jours (3?11 jours). Un seul patient a développé une hypoparathyroïdie persistante (définie comme une hypocalcémie > 12 mois) après une dissection de la gorge réalisée suite à un cancer. Les auteurs ont également relevé un cas de paralysie persistante des nerfs, et deux autres où ce phénomène était de nature transitoire.
En résumé
La thyroïdectomie est une intervention sûre chez l'enfant à condition d'être réalisée par une équipe expérimentée (pédiatre + endocrinologue). La morbidité qu'elle induit n'est pas excessive, même lorsque l'intervention est réalisée dans le cadre d'une pathologie bénigne.