Des prédicteurs spécifiques de la néphropathie chez les DT2
Considérée comme le premier signe clinique de l'insuffisance rénale, la microalbuminurie est associée à un mauvais pronostic rénal et cardiaque chez les diabétiques de type 2 (DT2). L'étude qui nous intéresse ici a recherché la présence, dans le plasma et les urines, de métabolites susceptibles de trahir la présence d'une micro- ou macroalbuminurie.
Le dépistage précoce du risque de micro- ou macroalbuminurie chez les DT2 permettrait en effet de mettre en place des mesures de prévention ou d'instaurer rapidement un traitement le cas échéant. Pour cette étude cas-contrôles, les auteurs ont sélectionné 90 DT2 et 150 patients hypertendus parmi les sujets de l'étude néerlandaise PREVEND et du Steno Diabetes Center danois. PREVEND (l'acronyme de prevention of renal and vascular endstage disease) est une étude de cohorte prospective observationnelle débutée en 1997-98 dans le but d'investiguer sur le long terme le lien entre l'albuminurie et le développement de maladies cardiovasculaires, rénales et vasculaires périphériques.
Des marqueurs plasmatiques et urinaires de l'albuminurie
Dans l'étude qui nous occupe, les cas de DT2 avaient évolué d'une normoalbuminurie vers une micro- ou une macroalbuminurie, tandis que les contrôles (appariés pour l'âge, le sexe et l'albuminurie initiale) présentaient une normo- ou microalbuminurie pendant toute la durée du suivi. La durée médiane de celui-ci s'élevait à 2,9 ans.
En cas de DT2 avec normoalbuminurie, les métabolites présents dans le plasma et les urines ne différaient pas de ceux observés chez les sujets contrôles. En présence d'un diabète de type 2 avec microalbuminurie, les auteurs ont toutefois observé un taux plus faible d'histidine plasmatique (x0,87 ; p = 0,02) et un taux plus élevé de buténoyle carnitine (x1,17 ; p = 0,007) que chez les contrôles. Au niveau des urines, l'hexose, la glutamine et la tyrosine étaient plus faibles de respectivement x0,20 (p<0,001), x0,32 (p<0,001) et x0,51 (p=0,006) en comparaison avec les valeurs relevées chez les sujets contrôles. En incorporant ces métabolites à un modèle d'albuminurie basale et d'eDFG, les auteurs ont pu améliorer la sensibilité de la prédiction du risque de passage à la macroalbuminurie.
Chez les sujets hypertendus et les contrôles exempts de DT2, les taux de métabolites observés étaient comparables. On peut donc bien parler ici de valeurs urinaires et plasmatiques spécifiques au DT2.