Les risques sanitaires liés à la pratique d'un sport mieux encadrés
Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé mercredi un projet de décret visant à réduire les risques sanitaires liés à la pratique d'une activité sportive. Cette initiative législative entend répondre à plusieurs décès tragiques de sportifs survenus au cours de compétitions ces dernières années ainsi qu'à l'essor de nouvelles disciplines sportives particulièrement dangereuses.
Pour limiter ces risques sanitaires, le nouveau décret prévoit des mesures de sensibilisation et de prévention, mais impose aussi une série de mesures contraignantes avec des sanctions à la clé pour les contrevenants.
Ainsi, chaque fédération sportive du sud du pays est dorénavant appelée à élaborer son propre règlement médical avec une série d'obligations médico-sportives qui pourront toutefois être modulées en fonction des risques propres à chaque discipline.
Une commission d'experts sera dans cette optique chargée de classifier les activités sportives en catégories distinctes selon qu'elles sont "sans risque particulier", "à risque particulier", ou "à risques extrêmes".
Le texte définit les sports "à risques extrêmes" comme les sports présentant un "risque important d'atteinte à l'intégrité physique ou psychique". Sont notamment visés le Base Jump (saut en parachute depuis un point fixe), le MMA (Mixed Martial Arts) ou le Shuto.
La pratique de ces sports à "risques extrêmes" sera d'ailleurs interdite aux mineurs d'âge.
Le décret crée également une catégorie à part pour les sports de combat, lesquels seront soit à "risque particulier" (judo, ji-jutsu, aïkido) ou à "risques extrêmes" (boxe, karaté, full contact) selon la probabilité d'atteinte.
Pour éviter tout souci de santé lors de la pratique d'un sport à hauts risques, ses adeptes devront consulter un médecin pour obtenir un certificat de non contre-indication à cette pratique.
Les pratiquants de sports de combat extrêmes devront par ailleurs obligatoirement disposer d'un carnet médico-sportif unique établi par un médecin. Ce document devra reprendre toute perte de conscience par le sportif lors de combat, les éventuelles périodes d'interdication de combat suite à une perte de conscience.
Un médecin devra par ailleurs obligatoirement être présent lors de tout combat.
Par ailleurs, les participants à toute compétition sportive (athlétisme, football, basket, tennis,...) en Fédération devront obligatoirement passer une visite médicale annuelle attestant de l'absence de contre-indication.
Pour une simple pratique d'un sport à titre de loisir et sans compétition, une simple attestation sur l'honneur du pratiquant sera suffisante.
Des amendes administratives de 10.000 à 30.000 euros pourront être infligées aux fédérations sportives et organisateurs de compétitions qui ne respecteront pas ces nouvelles règles.
Le nouveau décret a été approuvé mercredi par la majorité PS-Ecolo-cdH, ainsi que les FDF. Egalement dans l'opposition, les élus MR se sont, eux, abstenus.