Risque d'asthme et mécanismes épigénétiques (Abeforcal 2014)
L'épigénétique étudie les modifications qui ont trait à l'expression génétique plutôt qu'à la séquence d'ADN. Il apparaît de plus en plus clairement que le risque d'attraper de l'asthme n'est pas uniquement déterminé de manière génétique mais aussi via des mécanismes épigénétiques suite à l'exposition à des facteurs environnementaux. Que sait-on à ce sujet ?
Pour l'heure, l'on connaît trois mécanismes épigénétiques. Il s'agit de trois mécanismes qui régulent la transcription de l'ADN pour la synthèse des protéines : la méthylation de l'ADN, la modification des histones et celle des micro-ARN. Un niveau élevé de méthylation de l'ADN et d'acétylation des histones empêche la disponibilité de l'ADN pour la transcription en protéines correspondantes. Les micro-ARN ou les ARN inhibiteurs peuvent se lier à l'ARNm et ainsi inhiber la transcription de l'ARN en protéines.
La méthylation de l'ADN mieux connue
La méthylation de l'ADN signifie qu'un groupement méthyle supplémentaire prend place sur une cytosine adjacente à une guanine et forme un îlot CpG. Ces îlots sont souvent découverts dans les régions promotrices. L'hyperméthylation dans la région promotrice conduit au " silencing " (" silençage ") génique ; l'hypométhylation au contraire entraîne l'activation du gène.
La relation entre l'exposition et l'épigénétique a été analysée ces dernières années dans de nombreuses études mais jusqu'à ce jour, peu d'entre elles confirment le lien entre ces modifications épigénétiques et le développement d'asthme ou d'une atopie. Les mécanismes épigénétiques peuvent vraisemblablement être héréditaires : les mères qui fumaient avant la grossesse, ou même les grands-mères qui fument, peuvent affecter le développement de l'asthme chez les enfants et les petits-enfants.
Quelques exemples
Une exposition plus élevée à la pollution de l'air conduit à une plus grande quantité de NO (monoxyde d'azote) expiré ; le lien entre les deux est un taux plus élevé de méthylation de l'ADN. L'exposition prénatale à la fumée du tabac a une influence sur la méthylation de l'ADN de nombreux gènes de l'enfant à naître : pour certains il s'agira d'une méthylation accrue, pour d'autres d'une méthylation réduite.
L'exposition aux acariens a un effet sur l'expression du micro-ARN. Par exemple, l'exposition au micro-ARN 145 augmente l'inflammation à éosinophiles, la production de mucus, l'hyperactivité des voies respiratoires et l'activité des cellules Th2.