Mars, Vénus et la dépression majeure...
On a beau jeu de dire que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, mais sont-ils égaux face à la dépression ? Pas si sûr...
Des chercheurs américains ont tenté de savoir s'il existait une différence entre les sexes en ce qui concerne l'étiologie de la dépression majeure. Si tel est le cas, les prises en charge devraient également être différentes. Ils ont pour cela mené des analyses prospectives et rétrospectives des données entourant 20 facteurs de risque chez des patients ayant souffert l'année précédente de dépression majeure. L'importance des facteurs de risque a été déterminée par interview réalisée en deux vagues à 12 mois d'intervalle. L'originalité de l'étude est qu'elle concerne 1057 paires de jumeaux dizygotes de sexe opposé.
Parmi les 20 facteurs de risque, 11 montraient des différences entre les sexes pour leur impact sur la dépression majeure. Ainsi, 5 avaient un plus grand impact sur le sexe féminin : la chaleur parentale, la névrose, le divorce, le support social et la satisfaction dans le mariage. Chez les hommes, ce sont 6 facteurs qui sortent du lot : l'abus sexuel durant l'enfance, des troubles du comportement, l'abus de drogues, une histoire personnelle de dépression et des évènements stressants. Il s'agissait dans ce cas de problèmes financiers, occupationnels ou légaux essentiellement.
L'étude est originale et bien menée. En s'intéressant à des paires gémellaires de sexes opposés, les chercheurs ont pu éviter les biais liés à la fratrie classique tout en conservant le même environnement familial. Ils se sont donc concentrés sur l'essentiel de l'étiologie en distinguant hommes et femmes. Par ailleurs, ils ont pu mettre en évidence l'importance des facteurs de stress aigus. Chez la femme, la perte des relations interpersonnelles et de soutien joue un rôle majeur alors que chez l'homme, il s'agit plutôt de l'échec d'atteintes d'objectifs prédéfinis avec une perte d'estime de soi.