PremiumRhumatologie

Infection par le VIH et microstructure osseuse - Prévenir le risque fracturaire

Grâce aux trithérapies, les patients séropositifs ont une espérance de vie comparable à celle de la population générale. Le virus et dans une moindre mesure le traitement antirétroviral seraient à l'origine d'une ostéoporose précoce et d'un risque fracturaire majoré. Faut-il renforcer la prévention chez ces patients ?

10 avril 2014

La prévalence de l'ostéoporose chez les patients infectés par le VIH varie selon les études de 3% à 22% avec un risque fracturaire de 2 à 4 fois plus important que celui observé dans la population générale. Deux raisons sont avancées pour expliquer ce constat, le virus per se et le traitement antirétroviral. Tout comme chez le sujet sain, les facteurs de risque d'ostéoporose sont l'âge, un faible BMI, une corticothérapie antérieure, le tabagisme, l'alcoolisme, des antécédents de fracture du col du fémur dans la famille, une faible activité physique, etc. Aujourd'hui, on constate que les thérapies antirétrovirales allongent significativement la durée de vie des patients séropositifs. L'objectif de cette étude était d'évaluer leur statut osseux en préalable à la mise en place éventuelle d'une politique renforcée de prévention du risque fracturaire.

Une DMO abaissée
L'étude a inclus 33 hommes séropositifs (âge moyen: 64 ans, BMI moyen: 25,7, durée de l'infection: 17 ans, taux de lymphocytes CD4+: 1612 /mm³), traités avec succès par une thérapie antirétrovirale (charge virale ARN-HIV indétectable) et 195 hommes séronégatifs aux caractéristiques démographiques comparables aux patients séropositifs. Dans le groupe VIH+, les taux de CTX, PINP et de vitamine D sont plus élevés (p < 0,002) avec un taux de testostérone similaire entre séropositifs et séronégatifs (p = 0,68). Les séropositifs ont une densité minérale osseuse (DMO) plus faible que les séronégatifs au fémur proximal (T-score - 0,7 versus - 0,4, p = 0,027) mais la DMO au rachis lombaire est similaire entre les 2 groupes. Au radius distal et au tibia, les DMO sont significativement abaissées chez les séropositifs (p < 0,01) avec une épaisseur corticale diminuée (- 10,5%, p < 0,01).

Prévenir le risque fracturaire
Pour les auteurs, cette étude démontre clairement que l'infection à long terme par le VIH amène des altérations de la microstructure osseuse au niveau à la fois cortical et trabéculaire et ce en dépit d'une supplémentation en vitamine D. Ces altérations qui ne s'expliquent pas par un hypogonadisme sont associées à des taux élevés des marqueurs du turn-over osseux. Ces données justifient la mise en place d'une politique renforcée de prévention du risque fracturaire dans cette population de séropositifs âgés de 60 ans ou plus.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Infection par le VIH : Un facteur de risque indépendant d’ostéoporos

L’infection par le VIH est identifiée comme un facteur de risque indépendant d’ostéoporose, avec une diminution significative de la densité minérale osseuse chez les personnes séropositives.

Ostéopathies liées au méthotrexate : une complication rare, grave et mal identifiée

Parmi les milliers de patients atteints de maladies rhumatismales, certains présenteront un jour une ostéopathie induite par le méthotrexate. C’est une complication rare mais grave à laquelle on ne pense pas toujours. Quels sont les signes d’alerte ?

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Un plan national de prise en charge de la douleur est nécessaire, plaident les algologues

L'Association flamande d'anesthésiologie pour la prise en charge de la douleur et l'Association professionnelle belge des médecins spécialistes en anesthésie et réanimation (Apsar) plaident pour un plan national de prise en charge de la douleur.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine