Un taux faible de vitamine D accroît le risque à 10 ans
Chez la personne âgée, un taux insuffisant de vitamine D contribue à accroître le risque de fractures ostéoporotiques. La supplémentation est destinée à prévenir ce risque, mais qu'en est-il si cette supplémentation est insuffisante, inexistante ou le patient non compliant ?
Le déficit en vitamine D est associé à une faiblesse musculaire à l'origine de fractures par chute. Une étude a notamment montré que les taux les plus bas de vitamine D s'observent dans un groupe de patients présentant des fractures distales du radius. Un quart des patients étaient en insuffisance (50-80 nmol/l) et 18% étaient carencés (<50 nmol/l) versus respectivement 11% et 2% dans le groupe témoin. La supplémentation est dès lors destinée à corriger ce statut et à prévenir le risque fracturaire. Mais qu'en est-il à long terme si la prescription est insuffisante, inexistante ou que simplement le patient n'est pas compliant ?
Un risque majoré à 10 ans
Cette étude suédoise a inclus 1.044 femmes âgées de 75 ans à l'inclusion dont 715 seront suivies pendant 5 ans. Les taux de 25-OH vitamine D (nmol/l) sont classés en faibles (< 50), intermédiaires (50-75) et hauts (> 75). L'incidence des fractures de hanche à 10 ans est significativement plus basse chez les patientes qui ont des taux en 25-OH vitamine D (25-OHD) supérieurs à 50 nmol/l à l'inclusion et maintiennent ce taux à 5 ans (6,9% versus 20,6%, p = 0,005). La proportion de fractures estimée sur base du FRAX est respectivement de 26,2% et 30% dans le groupe à taux élevés et intermédiaires, contre 45,6% dans le groupe à taux de 25-OHD faible. L'incidence des fractures vertébrales, au radius et à l'épaule n'est pas associée au statut en 25-OHD dans cette étude. La plupart de ces fractures apparaissent entre 5 et 10 ans après l'inclusion, mais le moment d'apparition de la première fracture est indépendant du taux initial de 25-OHD. Pour les auteurs, il est clair que dans cette population de femmes âgées, une insuffisance en 25-OHD persistante pendant 5 ans est associée à un risque accru à 10 ans de fractures ostéoporotiques. De quoi encourager la prescription et s'assurer de la bonne compliance du patient.