FRAX et risque fracturaire - Bien choisir son modèle selon la population étudiée
Le modèle FRAX doit être choisi selon les origines du patient et non selon le pays de résidence. C'est ce que préconise cette étude suédoise qui a comparé des patients suédois de naissance à des immigrés vivants sur le sol suédois.
Le FRAX est ce modèle d'évaluation du risque fracturaire apparu en 2008 qui reflète la probabilité de survenue d'une fracture ostéoporotique majeure (fémur, poignet, humérus, tassement vertébral) dans les 10 années à venir. Il prend en compte une série de facteurs de risque tels que l'âge, le sexe, le BMI, les antécédents de fractures, etc et est devenu au fil du temps le complément indispensable de la mesure de la densité minérale osseuse (DMO). Le point conceptuel important est que le FRAX ne peut s'utiliser que dans les pays pour lesquels des données épidémiologiques sont disponibles. Un calcul a en effet montré qu'à facteur de risque comparable, l'incidence fracturaire n'est pas la même aux Etats-Unis ou en Europe.
Distinguer natifs et immigrés
Cette étude suédoise a comparé l'incidence de fractures de hanche survenues entre 1987 et 2002 chez des hommes et des femmes de 50 ans et plus vivants en Suède. Cette population se compose de 5 millions de Suédois de naissance et 423.000 étrangers implantés en Suède. Les effets de l'âge, du sexe et le temps de l'immigration sur la survenue des fractures de hanche ont été analysés par une extension de la régression de Poisson. Sur un total de 249.850 suédois natifs et 3.258 étrangers, le risque de fractures de hanche est plus élevé chez les sujets nés en Suède (HR=1,6) comparés aux étrangers (HR=1,4). L'incidence des fractures de hanche s'accroît avec l'âge dans les 2 groupes, mais elle est quasiment doublée chez les suédois de naissance. Sur le long terme, on s'aperçoit aussi que l'incidence des fractures de hanche chez les étrangers augmente proportionnellement au temps passé dans le pays (0,4%/an). Pour les auteurs de l'étude, ces données montrent qu'il faut soigneusement choisir son modèle FRAX selon le pays d'origine des personnes chez lesquelles on pratique cette évaluation, plutôt que d'utiliser le modèle national.