Prévenir la fracture du col du fémur : Une approche chirurgicale est-elle bénéfique ?
L'idée est de prévenir ces fractures du col fémoral aux conséquences graves en implantant un nouveau dispositif appelé "Prevention Nail System" (PNS) développé pour prévenir ces fractures chez des patients avec une ostéoporose sévère.
La fracture du col du fémur a des conséquences graves, avec une perte d'autonomie et un pronostic vital engagé chez la personne âgée et une rééducation longue avec un risque de troubles de la mobilité chez le sujet jeune. On estime aujourd'hui qu'une femme sur trois et un homme sur six vivant jusqu'à 90 ans auront une fracture du col du fémur. Chez le sujet âgé, il s'agit le plus souvent d'une fracture à faible énergie, en coxa valga, ouvrant l'angle cervico-diaphysaire. Chez le sujet jeune, il s'agit d'une fracture à haute énergie (traumatisme, accident de sport, etc.) qui peut associer une rupture du ligament croisé postérieur, une fracture de la diaphyse fémorale, du col fémoral ou une fracture du cotyle.
Une chirurgie préventive ?
L'objectif de cette étude est d'évaluer le bénéfice d'un nouveau dispositif en prévention d'une fracture du col du fémur chez des patients avec une ostéoporose sévère qui ont un âge > 65 ans (moyenne: 80 ans), un T-score inférieur ou égal à - 2,5 SD (moyenne: -3,3), qui ont déjà une fracture intra-capsulaire traitée classiquement par arthroplastie, vis canulée, etc. Les patients sont randomisés selon que le PNS est implanté ou non dans la hanche contra-latérale. Le suivi est opéré à 3, 12 et 24 mois par mesure de la DMO, un CT-scan et une radiographie de la hanche renforcée. A 1 mois, les patients avec le dispositif PNS se plaignent de douleurs. Le CT-scan montre une bonne ostéo-intégration du dispositif. A la fin de la période de suivi, 23 patients rapportent une ou plusieurs chutes; le nombre de fractures est de 16 dont 10 dans le groupe avec PNS, 6 dans le groupe sans PNS. On note 7 fractures de la hanche contra-latérale dont 3 dans le groupe avec PNS et 4 dans le groupe témoin. En finale, il n'y a pas de différence statistique entre les deux groupes, seulement une tendance dans le groupe recevant le PNS. Les fractures de la hanche contra-latérales dans le groupe sous PNS sont considérées par les auteurs comme liées à l'acte chirurgical. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'une étude non concluante, peut-être due au petit nombre de patients incorporés.