Colite ulcéreuse et comorbidité diabétique
Le diabète sucré est l'une des comorbidités les plus fréquentes de la colite ulcéreuse (CU), une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) qui ne touche que le côlon. Les deux affections sont associées à un certain nombre de complications spécifiques communes, dont cette revue présente un petit aperçu.
Le diabète présente une association significative avec la CU, et ce aussi bien chez l'enfant que chez l'adulte. Une étude cas-contrôles chez des patients pédiatriques affligés d'une MICI a révélé que la prévalence du diabète était plus élevée chez les petits patients victimes d'une CU que chez les contrôles (OR 2,7 ; 1,1-6,6) ; l'association avec la maladie de Crohn n'était par contre pas significative. Chez les adultes atteints de CU, le diabète de type 1 (DT1) figure en troisième place sur la liste des comorbidités les plus fréquentes (0,8% des patients), après le psoriasis (1,8%) et la polyarthrite rhumatoïde (1,1%). La prévalence du DT2 n'a pas été investiguée chez les patients MICI.
Une étude d'association pangénomique a identifié un locus de susceptibilité pour le DT1 avec risque accru de CU et deux pour la CU avec risque accru de DT1.
Complications communes
La neuropathie périphérique, une complication présente chez 50% des diabétiques, toucherait de 0 à 39% des patients MICI. Elle survient en général plus tardivement dans le décours de la maladie.
Parmi les complications hépatobiliaires, on retiendra la cholélithiase (en cas de CU après colectomie) et la stéatose hépatique.
L'ostéoporose induite par le diabète est un phénomène fréquent, mais la prévalence d'une faible densité minérale osseuse semble également plus élevée en présence d'une CU.
Les diabétiques présentent un risque accru de thromboses artérielles, mais aussi de thromboses veineuses en cas d'acidocétose. La prévalence de thrombo-embolies systémiques est également accrue cas de CU active ou de chirurgie.
Enfin, on sait que le diabète est un facteur de risque de mauvais pronostic en cas de chirurgie colorectale. Les hyperglycémies péri-opératoires chez des diabétiques qui s'ignorent peuvent toutefois également déboucher sur un nombre accru de complications infectieuses et non infectieuses et de réinterventions, mais aussi sur une mortalité plus importante. La période postopératoire est, en termes de morbi-mortalité, la phase la plus délicate chez les patients atteints d'une CU avec comorbidité diabétique.
La revue qui nous intéresse aborde également les spécificités de la prise en charge des CU sévères et légères chez les patients diabétiques.
Maconi G et al. Glucose intolerance and diabetes mellitus in ulcerative colitis: Pathogenetic and therapeutic implications. World J Gastroenterol. 2014; 20(13): 3507-3515. Published online 2014 April 7. doi: 10.3748/wjg.v20.i13.3507.