Une approche musculaire de l'éjaculation prématurée
L'exercice physique est à ce point bénéfique pour la santé en général que d'aucuns préconisent de le prescrire au même titre que les médicaments. Lors de la réunion annuelle de l'European Association of Urology, Stockholm 11-15 avril 2014, un exercice physique très sélectif a été mis à l'honneur.
Une équipe italienne a proposé un ensemble d'activités visant à renforcer les muscles du plancher pelvien à 40 sujets souffrant d'éjaculation prématurée soit, selon les critères de la Société Internationale de Médecine Sexuelle, un délai entre la pénétration vaginale et l'éjaculation inférieur à une minute.
Ces sujets présentaient une éjaculation prématurée depuis le début de leurs relations sexuelles et avaient déjà essayé, sans succès, de multiples thérapies (anesthésiants locaux, sérotoninergiques, inhibiteurs de la PDE5, thérapies comportementales). Au début de l'étude, le délai moyen avant éjaculation était de 31,7 secondes avec des extrêmes variant de 16,6 à 57,4 secondes.
La durée de la période d'entrainement était de 12 semaines et les techniques utilisées s'inspiraient de celles employées en cas d'incontinence urinaire ou fécale (exercices de type Kegel et biofeedback essentiellement).
Au total, 2 sujets ont abandonné le protocole rapidement après avoir expérimenté une amélioration de leur état et parmi ceux qui ont complété les 12 semaines d'entrainement, 33 sujets ont été améliorés significativement tandis que la situation est restée similaire pour 5. Chez les sujets améliorés, le délai avant éjaculation à l'issue des 12 semaines d'entrainement était en moyenne de 146,2 secondes, avec des extrêmes variant de 129,6 à 184,5 secondes, soit un quadruplement par rapport au départ.
Ce bénéfice est obtenu sans effet secondaire et il s'inscrit dans la durée puisque le bénéfice obtenu après 12 semaines est encore observé 6 mois après la fin de l'intervention. Cerise sur le gâteau, le fait que ce soient les efforts des malades eux-mêmes qui permettent de solutionner le problème a un effet psychologique positif indéniable. Reste à standardiser la méthode.