Plus dure est la pierre...
Si la lithotripsie extracorporelle par onde choc (ESWL) s'est imposée comme traitement de choix des calculs rénaux et urétéraux, il n'en demeure pas moins que certains calculs y résistent et il est important de les identifier.
La taille du calcul et sa localisation sont les deux facteurs traditionnels prédictifs d'une faible probabilité de résolution par ESWL. Mettant à profit la possibilité de facilement mesurer la densité des calculs lors des scanners, une équipe urologique de l'UCL a recherché la valeur prédictive additive de cette donnée.
Il s'agit d'un travail rétrospectif basé sur les données de 207 patients traités par ESWL pour calcul rénal (32%) ou urétéral (68%). La taille moyenne des calculs était de 8,9 ± 3,5 mm et respectivement 33% et 42% des patients étaient débarrassés de leur calcul après 2 et 3 séances. La densité maximale, médiane et centrale des calculs a été évaluée indépendamment par un radiologue et par un urologue. Dans 80% des cas, les calculs avaient une densité maximale dépassant 1000 unités Hounsfield (UH), ce qui, selon l'EAU correspond à des calculs très durs et engendrant un risque élevé d'échecs avec l'ESWL.
Les données indiquent une corrélation linéaire nette entre les différentes valeurs de densité, de même qu'entre les lectures effectuées par les radiologues et les urologues.
L'analyse multivariée des données fait ressortir les facteurs prédictifs classiques d'échec de l'ESWL : taille ? 10 mm (HR 4,8 p = 0,001) ; localisation urétérale (HR 2 p = 0,007) et y ajoute la densité ? 1400 UH (HR 7,1 p = 0,01).
Les calculs indiquent une probabilité de succès de l'ESWL < 20% en cas de calculs < 10 mm avec une densité ? 1400 UH et en cas de calcul ? 10 mm avec une densité ? 1200 UH.
A l'heure où les urétroscopes flexibles permettent des prouesses technologiques, ces éléments doivent être pris en considération lors de la discussion de la prise en charge des patients lithiasiques.