La réalité virtuelle n'est plus une simple vue de l'esprit.
L'impression 3D a envahi la sphère médico-journalistique et il ne se passe guère une journée sans que l'on porte aux nues le dernier "modelage" personnalisé qui a permis d'équiper un nourrisson d'une trachée, de restaurer un visage, de permettre à un amputé de marcher...
Au-delà de ces prouesses techniques anecdotiques dont l'impact est, par essence, fort limité en matière de santé publique, d'autres applications beaucoup plus larges sont en train de voir le jour. En témoigne un travail réalisé à l'université de Kobe au Japon et présenté lors du congrès annuel de l'European Association of Urology, Stockholm 11-15 avril.
Pour faire simple, à partir des reconstructions visuelles 3D obtenues par scanner, l'impression 3D a été utilisée pour produire des reproductions exactes de reins atteints de tumeurs "difficiles", ce qui permet aux chirurgiens robotiques de réaliser une intervention laparoscopique virtuelle avant de la pratiquer sur un patient. Déjà remarquable en soi, cette initiative est d'autant plus utile que les dix modèles de base disponibles peuvent être personnalisés en fonction des données anatomiques et tumorales de chaque patient, ce qui procure au chirurgien une tumeur en 3D parfaitement identique à celle qu'il trouvera lors de l'intervention et intégrée dans l'environnement anatomique propre à chaque patient.
Les modèles sont imprimés en deux matériaux différents, ce qui permet au chirurgien robotique de déterminer au plus près les marges tumorales et comme le modèle entier est transparent, le chirurgien connaît la position exacte des vaisseaux.
En un mot comme en cent, le chirurgien est en terrain parfaitement connu lorsqu'il va pratiquer l'intervention sur le malade, ce qui permet de limiter au maximum la zone d'intervention ainsi que le temps d'intervention et donc la période d'ischémie rénale.
D'aucuns se demandent déjà si de tels modèles ne pourrait pas servir à l'apprentissage technique de façon à ce que la learning curve ne se fasse plus aux dépends éventuels des patients.