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Supplémentation en calcium dans l'ostéoporose : le débat sur le risque cardiovasculaire progresse

Depuis quelques années, le débat s'amplifie entre les partisans du calcium comme acteur incontournable du métabolisme osseux et les adversaires dénonçant la majoration du risque cardiovasculaire après supplémentation dans un contexte d'ostéoporose. De nouvelles données font progresser le débat.

22 avril 2014

La supplémentation en calcium et vitamine D est une partie inhérente du traitement de l'ostéoporose. En 2010, une méta-analyse1 de 15 essais cliniques (11.921 participants) jetait un pavé dans la mare en démontrant une augmentation de 31% du risque d'infarctus aigu du myocarde chez les personnes supplémentées en calcium. Cette étude fut très vite critiquée pour sa méthodologie avec notamment plus d'hommes dans le groupe supplémenté en calcium, des facteurs de risque confondants non ajustés ou tout simplement une absence de mécanisme plausible pour expliquer cette association. Par la suite, d'autres méta-analyses ont confirmé le risque mais aujourd'hui, de nouvelles données sont apportées qui les contredisent complètement.

Un risque relatif de 0,96
Cette cohorte2 a inclus 63.564 femmes (âge moyen > 50 ans) supplémentées en calcium avec ou sans vitamine D qui ont présenté entre 1966 et 2013, un total de 3.390 événements cardiovasculaires avec 4.157 décès de toutes causes. Tous les événements ont été vérifiés par les dossiers médicaux et les certificats de décès. Pour les 5 essais qui se focalisent sur les événements cardiovasculaires, le risque relatif égale 1,02 (p = 0,51, NS). Pour les 17 essais qui rapportent des données de mortalité de toutes causes, le risque relatif est de 0,96 (p = 0,18, NS). Les RR pour les infarctus aigu du myocarde, l'angor et le syndrome coronarien aigu sont respectivement de 1,08, 1,09 et 1,09 (p = 0,22).

Calcium + vitamine D
La supplémentation en calcium avec ou sans vitamine D chez la femme de plus de 50 ans, ne majore pas le risque cardiovasculaire ou la mortalité de toutes causes. Une dose de 500 à 600 mg associée à 800 à 1.000 IU de vitamine D est recommandée en cas d'apport insuffisant par l'alimentation. L'auteur reste prudent en concluant qu'un essai clinique randomisé de grande envergure serait indiqué pour déterminer le rapport risque/bénéfice de cet élément communément utilisé.

Réf.
1.Bolland MJ, et al. Effect of calcium supplement on risk of myocardial infarction and cardiovascular events : meta-analysis. BMJ 2010;341:c3691
2.Lewis JR, et al. The effects of calcium supplementation on coronary heart disease, hospitalisation and death in postmenopausal women: a collaborative meta-analysis of randomised controlled trials. ESCEO 2014;#OC34

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