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Ostéonécrose de la tête fémorale : l'influence des corticoïdes

Les corticoïdes sont cités dans l'étiologie de l'ostéonécrose de la tête fémorale. Peut-on diminuer le risque en modifiant les doses et les durées d'administration ?

22 avril 2014

L'ostéonécrose de la tête fémorale affecte majoritairement les hommes (80%) et peut être primitive ou secondaire à l'utilisation de corticoïdes sur une longue période. Le problème est que cet os nécrotique peut amener des fractures trabéculaires qui auront du mal à se consolider, s'accumuleront progressivement pour aboutir en finale à la fracture sous-chondrale. Les images en IRM montrent que l'ostéonécrose touche le plus souvent la partie antéro-supérieure de la tête fémorale avec une zone d'hypo-signal sur les séquences pondérées en T1 et T2. Le mécanisme par lequel les corticoïdes mènent aux nécroses épiphysaires est probablement multifactoriel, impliquant des anomalies de la paroi des vaisseaux capillaires au niveau de l'os et une accumulation de la graisse dans les cellules réticulaires et les adipocytes de la moelle osseuse. L'influence de la dose ou de la durée du traitement est peu documentée dans la littérature.

Un risque lié à la dose
Cette nouvelle méta-analyse1 de 57 études incluant 23.561 patients, est destinée à déterminer si des changements de dose totale, de durée de traitement ou de séquence d'administration des corticoïdes peuvent réduire le risque d'une ostéonécrose. La méta-analyse s'est basée sur 57 études incluant 23.561 patients pour déterminer l'incidence totale mais aussi l'incidence dans des maladies spécifiques comme le lupus érythémateux (SLE), le SARS ou des actes comme la greffe rénale ou la greffe de moelle osseuse. L'incidence totale d'ostéonécrose est de 6,7%; elle est plus importante dans le SLE (15,7%), le SARS (21,8%), la greffe rénale (14,7%). Cette incidence se corrèle positivement avec la dose moyenne de corticoïdes administrés. A chaque accroissement de dose de 10 mg/j correspond un accroissement du risque de 3,6%. Une dose supérieure à 20 mg/j amène un risque relatif de 9,1. Ces résultats montrent que l'incidence dépend de la dose quotidienne administrée mais la durée du traitement n'est pas en cause.

Réf.
Mont MA, et al. Effect of corticosteroid dosage on the risk for developing osteonecrosis of the femoral head. AAOS 2014;#P018

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