Recyclons les cendriers
Nul doute que vous recommandez à vos patients d'arrêter de fumer pour leur propre santé, mais il y a plus encore...
Une méta-analyse basée sur 11 études menées en Amérique du Nord et en Europe et regroupant plus de 2,5 millions de naissances et près de 250.000 dossiers de visites à l'hôpital pour crises d'asthme révèle en effet que l'instauration d'une interdiction de fumer dans les lieux publics n'a pas comme seul effet de contrarier les fumeurs.
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Via la réduction de l'exposition de la mère consécutive à l'interdiction de fumer dans les lieux publics, les restrictions/interdictions contribuent également à diminuer l'exposition in utero qui est responsable de prématurité, de mort subite et de faible poids de naissance.
Les restrictions à l'usage du tabac contribuent à réduire de 10% les naissances prématurées. Aucun effet significatif n'a en revanche été observé sur le poids de naissance du bébé. L'interdiction de fumer dans les lieux publics est également associée à une diminution de 10% du nombre de visites d'enfants à l'hôpital pour asthme.
Pour mémoire, chez les enfants exposés au tabagisme passif, il avait déjà été documenté un doublement du risque d'hospitalisation, une plus grande fréquence de l'absentéisme scolaire et un risque accru de troubles respiratoires, de méningite à méningocoques et d'anomalies artérielles.
Les investigateurs concluent que la législation anti-tabac a de multiples effets bénéfiques documentés tant chez l'enfant que chez l'adulte, et que cela justifie la recommandation de la création d'espaces sans tabac proposée par l'Organisation Mondiale de la Santé.
Hélas, à l'échelon mondial, il n'y a guère à ce jour qu'un individu sur 6 qui soit réellement protégé des méfaits du tabagisme passif, responsable chaque année de quelque 600.000 décès prématurés par an.
D'après JV Been et al. Effect of smoke-free legislation on perinatal and child health: a systematic review and meta-analysis.
Lancet. 2014 Mar 27. Epub ahead of print