Laurette Onkelinx et Didier Reynders, les ministres préférés des journalistes du Soir
Ce week-end, Le Soir délivrait un bulletin aux différents membres du gouvernement fédéral, demandant aux journalistes chargés de la couverture des compétences d'un(e) ministre de lui décerner une note basée sur trois éléments : l'action (40 points sur 100), la vision (40/100) et la communication (20/100). Les notes obtenues ont été ensuite délibérée par toute l'équipe de la rédaction afin d'équilibrer les points de vue trop sévères et les autres... " Le fédéral a rempli son contrat ", titraient les journalistes qui classent Laurette Onkelinx en tête de liste des ministres francophones.
La Vice-Première Ministre socialiste, ministre des Affaires Sociales et de la Santé publique, chargée de Beliris et des institutions culturelles fédérales obtient 69%, ce qui la classe en tête de liste des ministres de sa Communauté (une place tenue par Vande Lanotte côté flamand). La rédaction du Soir épingle divers de ses " trophées " - suppression des honoraires dans les chambres à deux lits, réforme partielle de la médecine esthétique, reconnaissance de la psychothérapie -, et fait l'éloge de sa bonne gestion des crises (prothèses PIP, pandémie grippale).
Sa vision marquée par la solidarité est toutefois plus discutable lorsqu'elle se voit coulée en un nombre incalculable de mesures sous forme de " plans " qui pourraient se révéler inapplicables. Si on lui concède une bonne communication, elle irrite cependant par le fait de vendre médiatiquement la même mesure plusieurs fois. Les journalistes de la rédaction du Standaard, qui se sont livrés au même exercice que leurs collègues du Soir, ont quant à eux accordé la cote de 67% à la ministre.
Petite pension
Alexander De Croo (Open VLD- Vice-premier ministre, ministre des Pensions) récolte une note de 58%, qu'il doit notamment " à son application fidèle des dossiers de fin de carrière ", mais le quotidien souligne son manque de vision et de stratégie face au vieillissement de la population et ses conséquences.
Sabine Laruelle (MR- ministre des Classes moyennes, des PME, des Indépendants et de l'Agriculture) récolte pour sa part 63%, dus surtout à son action opiniâtre dans la poursuite de l'alignement du statut des indépendants et celui des salariés (au niveau des pensions et des allocations familiales).
La secrétaire d'Etat Open VLD à l'Asile et la Migration, à l'intégration sociale et à la lutte contre la pauvreté Maggie De Block récolte quant à elle 66%, avec un 15/20 pour sa communication jugée comme étant définitivement son point fort, et une action marquée par l'"efficacité et les résultats chiffrés", appliquant l'accord de gouvernement à la lettre.
Le bulletin des ministres régionaux publié ce mardi fait état d'un " bilan très mitigé pour un Olivier chamboulé ".
En Région wallonne, Eliane Tillieux (PS - ministre de la Santé, de l'Action sociale et de l'Egalité des chances) se situe tout juste au-dessus de la moyenne : 51%. Que lui reproche-t-on à la rédaction du Soir ? Tout en lui reconnaissant une marge de manoeuvre étroite, c'est surtout son manque de vision qui pose problème, à l'heure du transfert de compétences comme la régionalisation des maisons de repos, de la santé mentale et du financement des infrastructures hospitalières, sujets sur lesquels la ministre s'est peu exprimée, d'après le journal, ne brillant pas non plus par la prise d'initiatives dans ces domaines.
Quant à Fadila Laanan (PS) en Fédération Wallonie-Bruxelles (ministre de la Santé, de l'Egalité des chances, de la Culture et de l'Audiovisuel), les journalistes soulignent qu'elle " ne laissera pas de souvenir impérissable comme ministre de la Santé ", une petite compétence, soit, pour laquelle elle concoctera un plan de réforme majeur du secteur des acteurs de la prévention , reporté sine die. Elle est décrite comme une exécutante, une " femme de dossiers ".
Jean-Claude Marcourt (PS) qui possède l'Enseignement supérieur dans ses compétences récolte 59% mais se voit plutôt jugé ici sur ses compétences de ministre de l'Economie. On souligne son action dans le décret " paysages " pour favoriser la mutualisation des moyens matériels. Reste à voir, souligne la rédaction, s'il ne s'agit pas d'une " usine à gaz ".