Sida, etc. : " La méfiance des soignants va continuer "
Etant donné l'absence d'obligation légale pour un patient porteur d'une maladie transmissible d'en informer - même dans la plus stricte intimité - les médecins et les soignants, ceux-ci risquent de continuer à se méfier voire à discriminer les malades. C'est la conclusion pessimiste de Dominique Tilmans (MR) suite à une interpellation parlementaire récente.
La sénatrice Tilmans s'est inquiétée récemment de la discrimination persistante des soignants à l'égard notamment des malades atteints du sida. Pour elle, il est clair qu'une partie de la réponse tient à la non-obligation du patient contaminé d'en informer le personnel médical et paramédical. " Le risque existe, il faut le reconnaître car le bistouri qui glisse et blesse le médecin, cela peut arriver. " Même chose pour les infirmiers manipulant des seringues.
Tilmans a donc demandé à la ministre de la Santé publique s'il ne serait pas possible sous condition stricte de confidentialité d'informer le personnel médical quant aux maladies transmissibles éventuelles des patients. " Ceci afin de les soigner en toute confiance et permettre aux soignants de mieux se protéger. "
Réponse : aucune obligation légale n'existe, pas même dans la loi Droits des patients de 2002. Toutefois, a rappelé la ministre, toute personne est responsable de ses actes et peut être amenée à en répondre en justice lorsqu'elle cause un dommage à autrui.
Mais a posteriori lorsque le mal est fait.
Conclusion de la sénatrice : " Il n'y a donc aucune protection pour le personnel médical qui continuera à prendre des risques. La discrimination [vis-à-vis des patients à risque] ne va malheureusement pas décroître. "
Pour la sénatrice, le respect de la vie privée ne peut aller jusqu'à mettre en danger la vie d'autrui.