Grossesse et antidépresseurs : pas facile d'y voir clair...
Beaucoup de femmes sous antidépresseurs ne savent pas si elles doivent continuer à prendre leur traitement quand elles sont enceintes ou qu'elles doivent allaiter. Il est vrai que les résultats des études scientifiques aboutissent à des résultats contradictoires. Une a conclu à l'absence d'impact sur la croissance de l'enfant, une autre à l'absence de risque accru de décès pour l'enfant, tandis qu'une troisième, suggère une hausse du taux de naissances prématurées.
En juin 2013, une étude britannique a révélé que certains des antidépresseurs les plus prescrits, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, pris pendant les premiers mois de la grossesse, pouvaient multiplier par deux les risques de troubles cardiaques chez le bébé à naître.
Ces mêmes inhibiteurs sont à nouveau mis en cause par des chercheurs américains qui ont interrogé près de 1.000 mères d'enfants âgés de 2 à 5 ans sur l'utilisation de cette classe de médicaments quand elles étaient enceintes. Leur verdict : trois fois plus de cas d'autisme chez les garçons lorsque la mère a suivi un traitement d'antidépresseurs, avec un risque majoré lorsque l'exposition a lieu durant le premier trimestre de la grossesse. (1)
Par contre, des scientifiques australiens, qui ont suivi 368 femmes danoises traitées par antidépresseurs avant de tomber enceintes, ont constaté que 33% d'entre elles ont poursuivi leur traitement au cours de la grossesse et pendant l'allaitement et que ces dernières ont réussi plus facilement à nourrir leur enfant jusqu'à et au-delà des recommandations de six mois. (2)
Leurs données suggèrent également que la quantité de médicament antidépresseur dans le lait maternel est très faible et que les bénéfices de l'allaitement maternel l'emportent sur les risques liés au médicament.