Le débat sur le clonage thérapeutique relancé par une première américaine
Voilà une avancée majeure qui va sûrement faire parler d'elle. Des scientifiques californiens, dont le Dr Robert Lanza, responsable scientifique d'Advanced Cell Technology, ont réussi pour la première fois à créer des cellules souches embryonnaires en clonant des cellules adultes humaines.
Ce procédé de clonage thérapeutique sur lequel le corps médical fonde moult espoirs pourrait permettre à terme de réparer ou de remplacer des organes endommagés pour traiter le cancer, la cécité ou la maladie d'Alzheimer.
L'approche utilisée est similaire à celle qui avait permis le premier clonage d'un animal et donné naissance à la brebis Dolly en 1996. Les chercheurs ont donc " reprogrammé " des ovocytes, en y remplaçant le noyau par celui de cellules de la peau de deux hommes de 35 et 75 ans. En stimulant ces cellules avec un courant électrique, elles ont commencé à se diviser et à se multiplier, créant des cellules souches embryonnaires à l'ADN identique à celui des deux donneurs.
Une expérience semblable avait déjà été réalisée en 2013 par le Dr Shoukhrat Mitalipov mais, dans ce cas, la procédure avait été effectuée avec de l'ADN provenant d'un nouveau-né de huit mois. Or, étant donné que " l'incidence de nombre de maladies pouvant potentiellement être traitées avec des cellules souches pluripotentes augmente avec l'âge, le clonage thérapeutique concernera surtout des adultes plus âgés ", souligne le Dr Lanza.
Outre les perspectives thérapeutiques qu'il ouvre, notamment pour le traitement de maladies incurables, ce type de processus présente l'avantage de ne pas utiliser d'embryons fertilisés pour obtenir des cellules souches, une technique qui soulève d'importantes questions éthiques, car dans ce cas l'embryon est détruit.
Toutefois, le nouveau procédé reste controversé. Ses détracteurs estiment qu'il présente le risque de dérapage et qu'il pourrait mener au clonage d'êtres humains.