Un embryon numérique pour trouver le donneur de sperme parfait...
Jusqu'ici, pour connaître le risque de maladies génétiques de son futur bébé, il fallait recourir à une amniocentèse permettant de détecter des problèmes chromosomiques chez le foetus. Mais désormais, le laboratoire américain GenePeeks, créé par des universitaires de Princeton, propose de réaliser cette prouesse avant même la conception.
Les scientifiques ont conçu un système informatique capable de fabriquer une sorte d'embryon numérique en combinant virtuellement les génomes des deux parents. Grâce à un savant algorithme mis au point par le Pr Lee Silver, spécialisée en biologie moléculaire, et aux techniques de séquençage, on peut estimer les risques pour le futur enfant de développer telle ou telle maladie génétique.
Appelé " The matchright technology " et breveté en janvier dernier, ce procédé de simulation de la fécondation serait surtout utile pour une future mère à la recherche d'un donneur de sperme. En effet, avant qu'elle n'opère un tel choix, à partir d'un simple échantillon de salive envoyé par la poste, le programme peut mélanger son ADN avec celui de nombreux candidats et établir le profil génétique possible des embryons pouvant découler de la fécondation de l'ovule maternel et des spermatozoïdes des donneurs.
Le système permet de créer 10.000 embryons numériques potentiels dont les génomes sont analysés, à la recherche d'une des 500 maladies génétiques rares connues. Chaque femme souhaitant se procurer les gamètes " parfaits " et ainsi augmenter ses chances de donner naissance à un enfant en bonne santé devra débourser 1.500 euros pour y accéder.
Aux États-Unis, les banques de sperme et les cliniques de fertilité sont actuellement les seules à avoir recours à ce procédé. Mais GenePeeks espère développer son concept dans le monde entier et même l'étendre aux couples qui désirent procréer naturellement.
Ingénieuse, cette technique pose néanmoins d'indéniables questions d'éthique. Parmi la liste des gènes déterminés figurent ceux sur la pigmentation de la peau, la couleur des yeux et des cheveux, la taille mais aussi le poids. Certains spécialistes tirent déjà la sonnette d'alarme craignant un risque de dérives eugéniques.