Maisons de repos : " Le privé fonctionne aussi "
Svin Deneckere, senior fellow à Itinera, estime que l'offre de maisons de repos en Flandre est basée sur un financement inéquitable entre acteurs profitables et sans but lucratif. Pourtant, la qualité des soins ne diffère pas entre les différents types d'acteurs qu'ils soient publics, asbl ou basés sur le profit. Le mix privé/public est une garantie de qualité des soins pour autant que la concurrence soit saine et transparente, affirme-t-il.
" Par manque de chiffres objectivés ", estime Svin Deneckere, " la qualité des soins en maisons de repos était un secret bien gardé. En raison de listes d'attente, le libre-choix du patient est ébréché ".
Entre-temps un rapport de l'Agence flamande ad hoc conclut que, sur le plan de la qualité des soins, les institutions se comportent assez bien hormis l'usage exagéré de médicaments et le nombre trop important de chutes.
Si certaines MR(S) font beaucoup mieux que d'autres, il n'y a pas de différences significatives entre les trois acteurs : publics, non-profitables et commerciaux, constate le chercheur. Qui demande donc qu'on cesse " cette phobie contre le profit et l'image catastrophique des soins insuffisants dans le secteur profitable ".
Il ajoute : " Le bénéfice est l'expression de la valeur ajoutée attachée à l'innovation, l'efficacité et la qualité. Des études ont montré que l'existence conjointe d'offres privées et sans but de lucre est bonne pour la qualité du système de soins. L'introduction de plus de logique de marché créé des opportunités dans une contexte de limitation des deniers publics. "
Toutefois, Deneckere regrette que les maisons de repos privées, sans subvention publique pour les bâtiments par exemple, ne sont pas logées à la même enseigne que les maisons de repos subventionnées.
Le think tank qu'il représente, Itinera, propose :
-de passer d'un système financé sur base des structures et des normes de personnel à un système équitable pour tous les acteurs sur base de critères de qualité.
-Une stabilité pour les entrepreneurs reconnus comme partenaires essentiels.
-Des autorités moins interventionnistes utilisant comme critères des mesures de la qualité.
-Une transparence et une traçabilité des subsides.
-Un financement axé sur la personne et non l'institution.
-Un financement plus équitable entre types d'institution.
Ainsi seulement, estime-t-il, on créera une concurrence saine entre les différents acteurs sur le marché des soins et on introduira plus d'oxygène face au vieillissement croissant.