Le fumier et nos cuisines, réservoirs de bactéries résistantes aux antibiotiques

Le problème de la résistance bactérienne aux antibiotiques inquiète de plus en plus les autorités sanitaires. Et deux études récentes ne sont guère de nature à les rassurer.
La première (1) a été menée aux États-Unis où des scientifiques ont traqué et séquencé les gènes présents dans cinq échantillons de litière contenant des déjections de vaches. Ils en ont identifié 80 résistants aux antibiotiques. Environ 75% de ceux-ci avaient un lien de parenté éloigné avec des gènes résistants déjà connus. Les auteurs ont également mis au jour une nouvelle famille complète de gènes qui confèrent une résistance aux antibiotiques chloramphénicol, utilisés pour traiter des infections respiratoires du bétail.
Pas de quoi en faire un foin a priori, sauf si ces gènes qui proviennent de bactéries se trouvant dans l'intestin de la vache passent à l'humain, notamment par contact entre les animaux de ferme et leurs éleveurs. La crainte des chercheurs est aussi que ces gènes résistants apparaissent dans des agents pathogènes responsables d'intoxications alimentaires ou d'infections nosocomiales.
Une autre étude (2), réalisée par des chercheurs du CHU de Bâle, a permis de trouver des traces d'E. coli BLSE, une bactérie résistante qui se trouve dans la volaille aux antibiotiques, sur un nombre non négligeable d'ustensiles de cuisine dans les hôpitaux mais aussi dans les maisons de particuliers en Suisse, en France, et en Allemagne.
(référence :
(1) mBio, 22 April 2014, doi: 10.1128/mBio.01017-13,
(2) Infection Control and Hospital Epidemiology, mai 2014, DOI: 10.1086/675831)