Observer, mais sans imiter. Voilà pourquoi...
Lorsque nous regardons à la télévision un athlète qui saute en hauteur, il n'y a pas que notre vue qui est mise à contribution : notre cortex moteur primaire, celui qui contrôle nos mouvements, s'active également. Il arrive peut-être alors à certains d'entre nous de se contorsionner spontanément devant leur écran. Cependant, une telle imitation automatique, ou activation en miroir (" mirroring "), n'est pas toujours socialement appropriée.
Heureusement, le plus souvent, nous parvenons à rester calmes et immobiles, et à ne pas imiter les actions que nous observons alors que nos régions motrices sont pourtant activées.
Dans le cadre d'un projet de recherche conduit par l'équipe du Pr Riitta Hari de l'Aalto University en Finlande, deux chercheurs de l'ULB, Mathieu Bourguignon et Xavier De Tiège, ont participé à la mise en évidence d'un mécanisme cérébral qui expliquerait ce mystère.
Les scientifiques ont en effet démontré, grâce à la magnétoencéphalographie (MEG), que l'observation des mouvements d'autrui inhibe simultanément d'autres neurones au niveau du cortex moteur. Cette inhibition concomitante empêcherait le transfert automatique des ordres moteurs du cerveau vers les muscles.
Cette découverte offre de nouvelles perspectives pour investiguer les anomalies du fonctionnement cérébral à l'origine de l'échopraxie, une tendance involontaire et spontanée à imiter les mouvement d'autres individus. On la rencontre dans de nombreux troubles neuropsychiatriques.
(référence : Philosophical Transactions of the Royal Society B : Biological Sciences, 28 avril 2014, doi: 10.1098/rstb.2013.0171)