Prostatectomie radicale: robot ou chirurgien à égalité ?

D'après une étude américaine publiée dans le JCO, les prostatectomies radicales donnent lieu à des taux comparables de complications et de traitements supplémentaires qu'elles soient réalisés avec l'aide d'un robot chirurgical ou uniquement par le chirurgien. Les interventions assistées par robots nécessitent moins de transfusions et diminuent la durée des hospitalisations, mais cela ne semble pas se traduire par une diminution des coûts.
Il n'existe pas vraiment d'études cliniques randomisées comparant les prostatectomies radicales assistées par robot et la classique technique chirurgicale par laparotomie. C'est la raison pour laquelle les investigateurs ont récolté des données provenant d'un total de 5915 patients qui avaient subi une prostatectomie radicale par l'une ou l'autre méthode pour un cancer de la prostate. L'objectif était de comparer une série de paramètres dont les complications postopératoires, la nécessité de transfusions sanguines, les hospitalisations prolongées, les réadmissions à l'hôpital, les traitements antitumoraux additionnels, ainsi que les coûts endéans l'année qui suit l'intervention.
Des avantages et des inconvénients des deux côtés
Parmi les patients inclus dans l'étude, 2439 (41.2%) avaient été traités par chirurgie simple et 3476 (58.8%) avaient bénéficié d'une intervention assistée par robot. Les résultats de l'analyse montrent que le risque global de complication, de réadmissions et de traitements antitumoraux supplémentaires était comparable dans les deux groupes de patients. Les investigateurs notent cependant que la chirurgie assistée par robot s'était accompagnée d'une augmentation de la probabilité d'avoir présenté des complications génito-urinaires et diverses complications médicales à 30 et à 90 jours (p?0.02). Par contre, la prostatectomie radicale assistée par robot s'accompagne d'un risque moindre de devoir recourir à des transfusions ou de prolonger la durée des hospitalisations (p<0.001). En fin de compte, concluent les auteurs, les sommes remboursées par le système de soins de santé américain Medicare étaient supérieures au cours de la première année en cas d'intervention assistée par robot (p<0.001).
Le facteur humain reste prépondérant
Dans leur éditorial consacré à cette étude, deux confrères de Baltimore (Johns Hopkins Medical Institutions) posent quelques questions intéressantes, notant notamment que l'âge moyen des patients inclus (69 ans) est supérieur à celui de la moyenne des patients subissant ce type d'intervention (61-62 ans), ce qui pourrait biaiser les résultats de l'étude - qui n'est, soulignent-ils, ni prospective, ni randomisée - en termes de complications. La conclusion de l'édito est, dès lors, que cette étude ne permet pas de conclure, ce qui rejoint d'ailleurs le point de vue des auteurs et que ce n'est sans doute pas tant la technique utilisée que l'habileté et l'expérience de l'intervenant qui priment.