Vessie hyperactive et nycturie : des marqueurs redoutables pour le diabétique
Chez les patients présentant un diabète de type 2, la présence d'une hyperactivité vésicale (OAB) est un facteur prédictif important du risque de nycturie. D'autres facteurs de risque ont également été identifiés chez ces patients, comme les accidents cérébrovasculaires, l'hypertension, l'obésité ou encore une insuffisance rénale chronique. Des points particulièrement importants soulevés par une étude asiatique qui montre que la présence d'une nycturie sévère constitue un marqueur de mortalité accrue chez ces patients.
Dans cette étude menée à Taïwan, un questionnaire comportant notamment des symptômes de vessie hyperactive a été soumis à un total de 1301 diabétiques de type 2. Parmi ceux-ci près de 60% présentaient une nycturie (deux mictions ou plus par nuit) et 25.3% une forme sévère de nycturie (au moins trois mictions par nuit). Sur base de ce questionnaire, les chercheurs ont pu noter que la présence et la sévérité de la nycturie augmentait avec l'âge et la présence d'une hyperactivité vésicale : 28.8% des patients avec une nycturie présentaient une vessie hyperactive, ce qui correspond, après correction pour l'âge et la durée du diabète, à un risque plus que doublé (OR=2,26).
Pas uniquement la vessie hyperactive
D'autres facteurs interviennent également de manière importante dans le risque de nycturie. Ainsi, après correction pour l'âge, la durée du diabète et la présence d'une vessie hyperactive, la présence d'un accident cérébrovasculaire, l'utilisation d'antagonistes calciques, l'hypertension, un tour de taille supérieur à la norme, ainsi que des taux sériques élevés de créatinine ou de CRP ultrasensible se sont avérés associés une augmentation du risque de nycturie et de nycturie sévère. Parmi les facteurs associés à un risque moindre de nycturie, par contre, citons le sexe mâle, des taux estimés plus élevés de filtration glomérulaire, d'hémoglobine et d'albumine sérique.
Mortalité significativement augmentée
Les chercheurs rapportent également que la présence d'une nycturie sévère doublait pratiquement la mortalité, indépendamment de l'âge ou de la durée du diabète. Sur une période de suivi de deux ans et demi les taux de mortalité étaient significativement supérieurs chez les sujets présentant une nycturie sévère par rapport aux autres (6.1% contre 2.4%; p=0.001).