Centre carolo de protonthérapie: les radiothérapeutes oncologues sont eux aussi critiques
L'Association Belge de Radiothérapie Oncologique (ABRO), l'Union Professionnelle des Médecins Spécialistes en Radiothérapie Oncologique (GBS) et le Collège des Médecins pour les Centres de Radiothérapie Oncologique ont réagi mardi de manière mitigée à l'annonce de la décision wallonne de créer un centre de protonthérapie à Charleroi. Les universités KUL et UCL ont déjà annoncé récemment vouloir créer le premier centre de protonthérapie du pays, à Louvain, et cette technologie de pointe ne pourrait s'appliquer dans un premier temps qu'à un nombre limité de patients.
"Actuellement, 180 à 200 patients par an pourraient être traités par protons en Belgique", rappellent les organisations dans un communiqué commun. Ce nombre ne représente que "0,5% des 35.000 patients pris en charge en radiothérapie chaque année".
Les radiothérapeutes oncologues renvoient à un récent rapport du Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE), qui plaidait en février dernier pour une concentration dans des hôpitaux "de référence" de l'expertise et du traitement des cancers rares ou complexes. Au vu de ce rapport, la "dilution" sur deux centres du petit nombre d'habitants entrant actuellement en compte pour de la protonthérapie "est paradoxale", notent les professionnels.
Ceux-ci plaident plutôt pour un centre national cogéré, dont l'expertise et le matériel seraient progressivement étoffés dès que la recherche permettra d'appliquer la protonthérapie à davantage de patients. "La viabilité économique" d'un tel centre national unique "serait meilleure", indiquent les professionnels.
Les trois associations demandent que l'argent public soit d'abord alloué par le fédéral ou les Régions à des réponses aux besoins actuels du plus grand nombre. Elles évoquent par exemple les traitements "en modulation d'intensité" (IMRT) ou "guidés par l'image" (IGRT), qui nécessitent un appareillage coûteux.