Enucléation par laser, de l'influence de l'âge
L'âge étant un facteur important de morbidité et de moins bons résultats de la résection prostatique trans-urétrale (TURP) l'énucléation par laser Holmium s'avère tentante chez les sujets très âgés (> 80 ans), mais est-ce réellement une bonne idée ?
Une première étude émanant de Nouvelle-Zélande et présentée à Stockholm a comparé des résultats obtenus par une même équipe chez 140 sujets âgés de moins de 80 ans et 35 sujets âgés de 80 à 91 ans.
Alors que les sujets de 80 ans et plus avaient initialement un taux d'hémoglobine moindre et étaient plus souvent sous anticoagulants, les investigateurs n'ont pas relevé de différences significatives par rapport aux sujets plus jeunes en termes de durée d'hospitalisation, de réadmissions, d'hémorragies, de cancers incidents et de taux post-opératoire de PSA.
A noter cependant que le Qmax post-intervention était inférieur à la normale (? 15 ml/min) et significativement moindre chez les sujets les plus âgés (13,7 versus 21,8 ml/min, p < 0,005).
Ce travail corroborant des données d'une étude américaine récente ayant évalué les résultats de l'énucléation par laser Holmium (CO Mmeje et al. BJU Intant2013; 112: 982-9), les investigateurs concluent qu'il s'agissait d'un traitement sûr et efficace pour toutes les tranches d'âge.
Une deuxième étude menée en Espagne et spécifiquement consacrée aux complications de la procédure va également dans le sens d'une très bonne tolérance. Ce travaille prend en compte les complications survenues jusqu'à deux ans après l'intervention sur une cohorte de 503 patients (âge moyen 69 ans) ayant un suivi moyen de 559 jours.
Globalement les complications sont rares, mais sont influencées par l'expérience de l'urologue, par le volume de la prostate et par l'âge des patients. Ainsi chez les patients de plus de 70 ans il y a significativement plus de perforations capsulaires pendant la procédure, plus d'épisodes fébriles lors du premier mois post-opératoire et plus d'infections urinaires à court (premier mois) et moyen terme (jusqu'à trois mois).
A titre indicatif, les taux globaux de ces complications sont respectivement de 8,1%, 1,7%, 3,8% et 5,1%.