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MERS-CoV : une piste thérapeutique se profile

Alors que les décès dus au coronavirus MERS ont dépassé la centaine rien qu'en Arabie Saoudite, où il est apparu en septembre 2012, et tandis qu'il n'existe toujours aucun vaccin, ni médicament, l'espoir surgit d'une découverte faite par des chercheurs du Dana-Farber Cancer Institute de Boston.

Luc Ruidant - 2 mai 2014

Rappelons tout d'abord que le virus du MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) est un nouveau coronavirus de la famille des virus à ARN, proche de celui du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), à l'origine d'une épidémie qui a fait des centaines de morts dans le monde en 2002 et 2003.

L'équipe dirigée par le Dr Wayne Marasco a donc peut-être trouvé son bonheur dans une " banque " qui contient 27 milliards d'anticorps humains. Les virologues ont en effet réussi à en isoler sept capables de bloquer spécifiquement le MERS, en neutralisant une région du virus qui interfère avec des récepteurs de cellules humaines. Les scientifiques ont retenu le plus prometteur et ils l'ont produit en quantité suffisante pour être testé chez des primates et des souris, mais les recherches ont pris du retard en raison des difficultés à développer un modèle animal adéquat.

Le Dr Marasco a précisé qu'il veut développer un traitement qui sera administré par injection et devrait permettre une protection pendant trois semaines, surtout pour le personnel hospitalier soignant les malades placés en isolation. Le coronavirus est particulièrement contagieux dans les établissements de soins.

Par ailleurs, après examen d'échantillons nasaux recueillis sur des dromadaires d'Arabie Saoudite, un autre groupe de chercheurs américains vient d'isoler une souche vivante, indemne et infectieuse du MERS-CoV, qui est très similaire au virus retrouvé chez l'Homme. (2) Mais surtout, le virus du camélidé s'est avéré capable, in vitro, de s'adapter pour contaminer l'être humain, ce qui confirme que cet animal serait bel et bien la source probable de la flambée actuelle.

La même équipe new-yorkaise avait déjà montré, il y a quelques mois, que les trois quarts des dromadaires du Royaume d'Arabie Saoudite étaient porteurs de fragments du MERS-CoV.

De nombreuses questions restent toutefois sans réponse. En dehors des quelques cas de transmission interhumaine observée ces derniers temps, notamment dans un hôpital saoudien, la plupart des autres cas restent un mystère quant à leur survenue et le mode de transmission de l'animal à l'Homme n'est toujours pas connu. Lait du camélidé ? Consommation de sa viande ? Toutes les pistes sont actuellement explorées.

(référence :
(1) PNAS, 28 avril 2014, doi: 10.1073/pnas.1402074111
(2) mBio, 29 avril 2014, doi: 10.1128/mBio.01146-14)

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