ß-agonistes à longue durée d'action dans l'asthme, amis ou ennemis ?

L'appréciation du rôle bénéfique de l'addition des ß-agonistes à longue durée d'action (LABA) aux corticostéroïdes inhalés (ICS) dans la prise en charge médicamenteuse de l'asthme continue de faire débat. Une équipe canadienne apporte un élément intéressant avec des données concernant les hospitalisations liées à l'asthme.
Les investigateurs ont utilisé les bases de données sanitaires 2007-2012 de la Colombie Britannique pour évaluer le risque d'hospitalisations liées à l'asthme selon que les sujets avaient reçu LABA et ICS, LABA seul, ICS seul de façon régulière ou de façon non régulière ou n'avaient reçu aucun de ces médicaments au cours des 12 mois précédant l'hospitalisation.
Il s'agit d'une étude cas-témoin, les cas étant les sujets ayant été hospitalisés après un délai de carence de 1 an par rapport à leur entrée dans la cohorte 1 an. Pour chaque cas, jusqu'à 20 témoins ont été sélectionnés avec appariement pour l'âge, le sexe, la date d'entrée dans la cohorte et le degré de sévérité de l'asthme. Au total, 3.319 cas et 43.023 témoins ont été utilisés pour calculer les risques relatifs de chaque catégorie d'exposition régulière à l'une des trois stratégies médicamenteuses (critère principal).
Les résultats montrent que chez les sujets recevant LABA +ICS, le risque d'hospitalisation n'est pas significativement augmenté par rapport au risque documenté chez les sujets sous monothérapie ICS (RR 1,14 ; IC95% 0,93-1,41), mais qu'il est en revanche fortement diminué par rapport aux sujets sous monothérapie par LABA (RR 0,45 ; IC95% 0,29-0,70). En clair, en cas d'utilisation de LABA, une corticothérapie inhalée régulière est un élément crucial pour prévenir le risque d'hospitalisation.