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Mucoviscidose : un antimicrobien naturel impliqué dans les infections pulmonaires

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Un travail américain montre qu'un peptide antimicrobien produit par les cellules immunitaires humaines favorise des mutations qui rendent Pseudomonas aeruginosa encore plus délétère chez les patients atteints de mucoviscidose.

Dr Jean-Claude Lemaire - 5 mai 2014

L'insuffisance respiratoire liée à une infection pulmonaire chronique par Pseudomonas aeruginosa est une cause fréquente de décès chez les patients atteints de mucoviscidose.

La conversion mucoïde est un processus relativement bien connu dans lequel est impliquée notamment une mutation du gène mucA de Pseudomonas et conduit à la production par la bactérie d'une coque sucrée qui la rend plus résistante à divers traitements.

En cherchant les éventuels facteurs favorisant le mutation de mucA chez l'homme, les investigateurs ont constaté que les neutrophiles que l'on trouve en grande quantité dans les cellules pulmonaires des patients atteints de mucoviscidose pouvait déclencher le processus de conversion mucoïde de Pseudomonas et que ces neutrophiles produisait un facteur antimicrobien spécifique appelé LL-37 qui joue un rôle clé dans ce déclenchement.

À des doses élevées, le LL-37 tue les bactéries en s'attaquant à leurs parois cellulaires. Cependant, à des concentrations plus faibles (ce qui reproduit plus ou moins la situation observée dans les poumons des patients atteints de mucoviscidose), les investigateurs ont constaté que certaines molécules de LL- 37 pouvaient traverser la paroi bactérienne et non pas la détruire.

Une fois à l'intérieur de la bactérie, le LL-37 interagit avec l'ADN bactérien, le modifie, générant ainsi la mutation du gène MucA et rendant possible la conversion mucoïde. La coque sucrée qui entoure alors la bactérie la rend résistante à des doses plus élevées de LL-37, en particulier aux doses qui tuent les Pseudomonas nus.

Les investigateurs ont par ailleurs établi que le pouvoir mutagène de LL-37 n'était nullement limité à un gène particulier (induction de mutations sur d'autres gènes) ou à un agent pathogène particulier (démonstration du même phénomène sur E Coli).

Globalement, ces données montrent qu'un agent antimicrobien peut, à faible dose, fonctionner comme un agent mutagène susceptible de rendre les bactéries encore plus dangereuses, ce qui constitue une difficulté toute particulière dans le cas des infections chroniques.

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