Trisomie 21 : un petit chromosome mais de grandes conséquences sur tout le génome
Une étude menée l'Université de Genève (UNIGE) permet de comprendre de quelle manière le chromosome 21 supplémentaire bouleverse l'équilibre entier du génome, causant chez les personnes concernées une grande variété de pathologies, dont les cardiopathies congénitales et la leucémie myéloïde chronique.
Le Pr Stylianos Antonarakis et ses collègues ont travaillé sur le génome de deux jumeaux monozygotes, possédant donc le même patrimoine génétique, à l'exception d'un troisième chromosome 21, chez l'un des jumeaux. Grâce à des technologies de séquençage à haut débit, ainsi que d'autres outils bio-informatiques, ils ont pu éliminer les variations interindividuelles et épingler les modifications de l'expression génique attribuées exclusivement à la trisomie 21.
Les chercheurs montrent donc, pour la première fois, que les cellules trisomiques subissent des modifications de leur structure interne conduisant à une altération du profil d'expression des gènes mais aussi que ces changements n'affectent pas seulement le chromosome 21. Ainsi, la présence d'environ 1% de matériel génétique en plus dans les cellules trisomiques modifie la fonction du génome dans sa globalité et perturbe l'équilibre général d'expression des gènes.
Les scientifiques ont désormais l'intention de trouver comment renverser ce dérèglement et ramener à la normale l'expression des gènes. Non seulement pour corriger les anomalies cellulaires du syndrome de Down mais aussi parce qu'ils savent que cette piste est applicable à de nombreuses autres maladies causées par un déséquilibre du génome.
(référence : Nature, 16 avril 2014, doi:10.1038/nature13200)