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Que deviennent les prothèses lorsque leurs porteurs décèdent ?

Que ce soit pour remédier à des problèmes articulaires ou pour pallier à des amputations ou des insuffisances cardiaques, la médecine a considérablement développé le recours à toutes sortes de prothèses et autres dispositifs implantables.

Luc Ruidant - 5 mai 2014

Des broches dans les jambes ou les bras en guise de souvenirs d'une fracture, une hanche artificielle, des plombages dans les dents, un pacemaker, un défibrillateur cardiaque... : après notre dernier souffle, le corps humain n'est pas uniquement composé de matières organiques.
Mais que faire de ces déchets supplémentaires, lorsque le porteur d'un corps " étranger " décède ? Différentes options existent selon le type de prothèse et la question ne se pose pas dans les mêmes termes selon qu'on est enterré ou incinéré.

Lorsqu'une personne est mise en terre, la plupart du temps elle emporte ses prothèses car celles-ci ne posent pas de problème d'un point de vue environnemental et les enlever nécessiterait une opération post-mortem non justifiée. Pour ce qui est des prothèses amovibles de membres, si le défunt a laissé des consignes ou si sa famille le décide, elles peuvent être récupérées par des organismes qui les recyclent ou les mettent à disposition de populations pauvres.

En cas d'incinération, c'est un peu plus complexe. Certaines prothèses, les implants mammaires par exemple, peuvent être totalement désintégrées lors de la crémation.

En revanche, les fortes chaleurs n'auront pas raison de certains matériaux (titane, acier, cobalt...), ayant servi à confectionner les prothèses de hanche, de genou ou les broches. Dans ce cas, de plus en plus, des sociétés proposent aux crématoriums d'effectuer la collecte des matériaux après l'incinération et de les recycler pour préserver l'environnement. C'est le cas de l'entreprise néerlandaise OrthoMetals qui offre ce service depuis 1997 à travers le monde entier.

Quant aux dispositifs contenant une pile ou une batterie intégrée, la prudence est de mise car la chaleur du four crématoire peut les faire littéralement exploser, avec le risque de dégâts importants, du danger pour le personnel et un traumatisme moral pour la famille du défunt. Leur retrait est donc obligatoire pour permettre la crémation. La législation belge prévoit d'ailleurs qu'un médecin signe une attestation, à la demande de l'entreprise de pompes funèbres, confirmant l'absence d'un tel dispositif. Un oubli en la matière peut être lourd de conséquences...

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