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Polyarthrite rhumatoïde: des patients non répondeurs au méthotrexate

Le méthotrexate est à la polyarthrite rhumatoïde ce que la metformine est au diabète: un traitement de fond reconnu et efficace en première ligne. Mais certains patients ne répondent pas, ce qui, selon des experts, plaide pour l'existence d'un polymorphismes ou des mutations. L'explication est parfois différente...

6 mai 2014

Dans un certain nombre de situations, le méthotrexate (MTX) en première ligne ne suffit pas à contrer une polyarthrite rhumatoïde (PR) hautement active. Une raison qui fait que des agents biologiques sont très vite ajoutés pour freiner l'apparition des lésions irréversibles. L'explication à cette réponse insuffisante ou absente serait la présence d'une MDR (Multi Drug Resistance Protein) à l'image de ce qu'on connaît dans le traitement du cancer pour certaines drogues cytotoxiques. Un gène MDR1 code pour une glycoprotéine P-gp, protéine de transport qui agit comme une pompe et permet l'expulsion du médicament hors des cellules. Qu'en est-il pour le MTX ?

MDR-1: un facteur prédictif de réponse
Cette étude1 s'est attachée à caractériser chez 52 patients avec une PR, traités par MTX/DMARD et glucocorticoïdes, l'expression, la fonction et le polymorphisme de la protéine MDR-1 présente sur des lymphocytes de sang périphérique, en début de traitement et après 4 mois. L'expression de MDR-1 est mesurée par l'intensité de fluorescence relative et le nombre de cellules positives. La fonction de MDR-1 est déterminée par le test d'efflux à la rhodamine en présence ou en absence de vérapamil. Les patients avec un DAS28 >/=1,2 sont définis comme répondeurs, et ceux avec un DAS28 <1,2 comme non répondeurs. Trois polymorphismes du gène MDR-1 ont été étudiés (3435T, 1236T et 2677T/A). Les résultats montrent que l'expression et la fonction de la protéine MDR-1 sont significativement réduites dans le groupe de patients répondeurs au traitement par MTX alors qu'elles s'accroissent dans le groupe de patients non répondeurs. Une non réponse au traitement n'est pas liée aux polymorphismes étudiés. Pour les auteurs, une fonction et une expression persistante de MDR-1 doit permettre d'identifier un sous-groupe de patients avec PR qui seront non répondeurs au MTX et l'identification précoce de ces patients peut contribuer au choix du traitement dans le sens où un agent biologique peut être rapidement donné, plutôt qu'attendre une réponse au MTX qui ne viendra pas et perdre de précieuses semaines.

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