Maladies inflammatoires chroniques: sont-elles associées à un diabète ?
De plus en plus d'études plaident pour une recherche systématique de co-morbidités cardiovasculaires, métaboliques et autres dans des maladies inflammatoires chroniques comme l'arthrite psoriasique ou la polyarthrite rhumatoïde. Qu'en est-il de l'incidence du diabète dans ces affections et pourquoi serait-elle augmentée ?
Les maladies inflammatoires chroniques comme le rhumatisme psoriasique, la polyarthrite rhumatoïde ou le psoriasis sont déjà difficiles à gérer par elles-mêmes, mais elles le sont encore plus lorsqu'elles sont associées à des co-morbidités d'ordre vasculaire, métabolique ou autre. Les recommandations internationales attirent aujourd'hui l'attention sur la nécessité pour les praticiens de première ligne de rechercher tout ce qui pourrait aggraver le pronostic de la maladie rhumatismale. Dans ce contexte, le diabète est montré du doigt et la recherche de son incidence a fait l'objet d'une étude de cohorte britannique qui se signale par son envergure.
Une enquête auprès des généralistes
L'enquête1 tire parti des données d'un réseau de surveillance britannique (The Health Improvement and Network) constitué de médecins généralistes avec une patientèle estimée à plus de 7 millions de personnes. Les auteurs de la cohorte ont recensé entre 1986 et 2010, 4.196 personnes avec une arthrite psoriasique (PsA), 59.281 avec un psoriasis (PSO) et 11.158 avec une polyarthrite rhumatoïde (PR), suivis respectivement pendant 5,9, 5,8 et 5,5 années. L'incidence du diabète atteint pour la PsA, le PSO et la PR respectivement 7,3, 6,4 et 6,3 cas/1.000 personnes-années. Après ajustement pour l'âge et le sexe, les HR passent à 1,72 (CI95% 1,46-2,02) dans la PsA, 1,39 (CI95% 1,32 -1,45) dans le PSO et 1,12 (CI95% 1,01-1,25) dans la PR. Après un nouvel ajustement pour le BMI, le tabagisme, la consommation d'alcool, l'usage de glucocorticoïdes et des co-morbidités, seule l'association pour la PsA et le PSO persiste (HR = 1,33 et 1,21). Pour les auteurs, ces données sont en désaccord avec celles d'études antérieures. Il n'en reste pas moins que la recherche d'un diabète doit faire partie de l'anamnèse.