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Marqueurs du turn-over osseux et fractures: sont-ils utiles ?

Beaucoup d'études ont vanté l'intérêt des marqueurs du turn-over osseux pour prédire le risque fracturaire mais aussi pour suivre l'efficacité d'un traitement. Aujourd'hui avec un recul de plus de 10 ans, comment se positionnent le S-PINP et le S-CTX dans la pratique quotidienne ?

6 mai 2014

En 2011, l'étude de Vasikaran1 montrait l'intérêt des marqueurs du turn-over osseux pour prédire le risque fracturaire indépendamment de la DMO chez les femmes post-ménopausées et suivre les effets du traitement. Cette conclusion était aussi soutenue par des études prospectives sorties des banques de données PubMed entre 2000 et 2010 et une revue systématique de l'"Agency for Health Care Research and Quality". Les auteurs attiraient toutefois l'attention sur le fait que leur analyse péchait un peu par l'hétérogénéité des études, mais concluaient néanmoins qu'un marqueur de formation osseuse, le PINP (sérum procollagène type 1 N propeptide) et un marqueur de résorption osseuse, le S-CTX (C-terminal télopeptide du collagène de type 1) pouvaient désormais être utilisés comme marqueurs de référence dans les études observationnelles et interventionnelles. Une recommandation qui était rapidement suivie par l'IOF (International Osteoporosis Fundation) et l'IFCC (International Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medecine).

Un enthousiasme tempéré
Aujourd'hui, une autre méta-analyse2 revient sur ces données en refaisant une étude systématique de la littérature et en se focalisant sur les performances du S-PINP et du S-CTX dans une série d'études de cohortes prospectives. Dix publications pertinentes ont été identifiées dont six inclues dans la méta-analyse. Les auteurs notent une association significative entre le taux de S-PINP et le risque fracturaire. Le HR s'accroît (gradient de risque 1,23, CI95% 1,09-1,39) chez les femmes et chez les hommes sans ajustement pour la densité minérale osseuse. On note aussi une association significative entre le taux de S-CTX et le risque fracturaire (gradient de risque = 1,18, CI 95% 1,05-1,34) sans ajustement pour la DMO. Pour les fractures de hanche, l'association entre le S-CTX et le risque fracturaire est de 1,23. Cette étude confirme qu'il existe une association significative mais modeste entre ces 2 marqueurs du turn-over et le risque de futures fractures.

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