Apnée du sommeil : un implant reçoit le feu vert de la FDA
La Food and Drug Administration (FDA), l'agence américaine des médicaments, a donné son feu vert à la mise sur le marché d'une sorte d'implant, le premier de ce type, pour traiter l'apnée du sommeil. Cette maladie respiratoire chronique touche 5% de la population dans les pays développés.
Conçu et fabriqué par la société Inspire Medical Systems, basée à Minneapolis dans le Minnesota, le dispositif implantable, une sorte de pacemaker, stimule électriquement le nerf hypoglosse, nerf moteur de la langue qui est ainsi projetée en avant, laissant plus d'espace pour la circulation de l'air. L'une des principales causes de cette forme d'apnée est, en effet, un relâchement excessif de la langue et des muscles de la gorge pendant le sommeil, ce qui souvent bloque la respiration.
La pile est placée sous la clavicule. Elle est reliée par des fils conducteurs à deux électrodes, l'une implantée au niveau du thorax et détectant le début de l'inspiration, l'autre glissée au niveau du cou sous la peau, au contact du nerf de la langue. Les malades activent le système à l'aide d'une petite télécommande quand ils se couchent et le désactivent au réveil.
Ce dispositif a été implanté chirurgicalement chez 126 patients (83% hommes) qui souffraient d'apnée obstructive du sommeil (AOS) modérée à modérément sévère. Ils n'étaient pas obèses (IMC inférieur à 32 kg/m2) et une endoscopie a indiqué une possible dysfonction des muscles pharyngés.
L'efficacité de l'appareil a été évaluée et les résultats ont fait l'objet d'une publication en janvier 2014. Les chercheurs ont constaté qu'il permet de réduire de 68% les symptômes d'apnée du sommeil. Une baisse de 70% de l'indice de désaturation de l'oxygène sanguin a aussi été enregistrée. Les patients signalent en outre une amélioration de la somnolence et de leur qualité de vie.
Cette approche mini-invasive offre une option intéressante pour ceux qui tolèrent mal le port pendant toute la nuit d'un masque nasal relié à une machine permettant d'insuffler de l'air sans discontinuer et d'ouvrir les voies aériennes. Jusqu'alors, le principal traitement était en effet la ventilation en pression positive continue. Un système qui a fait ses preuves mais qui est contraignant. Désormais, il sera concurrencé par le nouveau dispositif.
(références : New England Journal of Medicine, 9 janvier 2014, DOI: 10.1056/NEJMoa1308659
et site web de Inspire Medical Systems)